SCENE PREMIERE
FRANÇOIS, occupé à ranger, à frotter rappartemeul ; PARIS, passant la tête à la porte du fond.
PARIS
Tiens! la porte est ouverte! Te voilà, François? est-ce qu2 vous éles revenus de la campagne?
rRA>"ÇOIS.
Moi, r>i. Paris? j'ai pas bougé.
PARIS
J'enlends... on t'avait laissé à Paris pour garder la maison... c'est donii ça qu'il n'y avait jamais personne... Mais, dis-moi donc... et mad nue Delmare , ta charmante maîtresse, quand revient-elle?
FRA^T,OIS , (run air mystérieux.
Madame n'en sait rien... et elle a bien défendu de le diro,
PARIS
A la bonne he'.re, c'est clair...
Air : Femmes , voulez-vous éprouver,
A'raimer.t , ici , mon cber François ,
Tu rappelles le secrétaire
D'une excellence d'autrefois,
Qui de tout faisait un mystère.
— Comment le duc va-t-il? peut-on le voir?... Disais-je uu jour. — Chut 1 répond la ganaclie :
Le ministre est mort hier soir ;
Mais il ne veut pas qu'on le sache, {bis)
FRANÇOIS
Dieu merci! madame se porte à merveille.
PARIS , à lui-même.
Veuve étonnante, va!.. {A François ) Du reste, tu lui as' fait passer toutes ses lettres ?
FRANÇOIS , d'un air content de lui-même. Pas une seule.
PARIS
Comment ! tu veux donc avoir 4es raisons avec la rue J. L Rousseau ?
' FUANrOIS.
Madame avait niùrcnieiit cléfendii qu'on lui envoyât sa correspondance... Tout est là.
(Il indique le giiéridon , sur lequel sont déposées plusieurs loUres.)
PARIS, regardant.
C'est ma foi vrai ! sur le guéridon... poste restante... (Il prend une lettre.) Tiens! mon écriture... en voilà une de moi... mes petites pattes de mouches... les pattes de mouches du sentiment .. Je ne m'étonne plus maintenant si je n'ai pas reçu de réponse... {Regardant une autre lettre.) En voilà une démon cousin Henry... Ce pauvre cousin... je suis sûr que c'était encore pour la décider en ma faveur... ça nous avancera à grand chose... maintenant que je vais en épouser une autre...
FRANÇOIS
M. Paris, avez-vous pensé à mon camarade, que je vous avais recommandé pour être garçon dans vos bureaux d'assurance universelle ?
PARIS, à lui-même., avec un soupir.
Ah ! les femmes!., les femmes!.. {A François.) Oui, François... oui!., la place était demandée par un député... car ils demandent tout, les députés!., les petites places, les grandes, ils ne sont pas dilficiles... Mais ton protégé l'emportera ; nous en ferons un garçon décaisse, un porte-sac,
FRANÇOIS
Ça doit être un joli état!
PARIS
Un emploi magnifique!., il ira en recelte... c'est lui qui portera l'argent... il va rouler sur l'or... ^UA^çoIS.
Que vous êtes bon , IM. Paris !
PARIS
Par exemple, il n'aura pas d'appointcmcns... mais...
FRANÇOIS
Ah! dame! on ne peut pas tout avoir. .le v?s finir de nettoyer... Kxcusez si je ne vous tiens pas compagnie. PARIS, gravement.
.Te ne vous en veux pas, mon ami.
(François s'elolyue , !i; phitncau et le balai à la main.)