LES FEMMES D'EURIPIDE
poète, cette fois excusable, a-t-il redressé hardiment contre TOIympe ce front qui semble ridé par la foudre. Cette réprouvée des Dieux les maudit moins qu'elle ne les nie. On Tentend grommeler de sourds blasphèmes au milieu des éclats de ses longs sanglots. Elle déclare que la tradition et les lois sont plus puissantes que les Dieux. « Car, dit-elle, c'est »pour nous conformer à la tradition que nous » croyons aux dieux. » Ses prières sont perfides; le doute y serpente. Dans une invocation à Zeus, elle lance cette flèche envenimée qui le frappe au mystère même de son être : — « 0 toi qui donnes le 1» mouvement à la terre, et qui, en même temps, ré- » sides en elle! Qui que tu sois dans ton impéné- » trabililé, nécessité de la nature ou esprit des » hommes... »
Celte fois Hécube est vengée : le trait dardé sur roiympien par la main tremblante de cette vieille esclave ne sera plus arraché.