‹ Les deux masques (volume 2)Chapitre 62 sur 94 · L'ASSEMBLÉE DES FEMMES · texte numérisé non relu

L'ASSEMBLÉE DES FEMMES

veau régime. Le communisme .est décrété, les fortunes privées sont agglomérées en tas sur la place publique. Un bourgeois naïf se hâte d'apporter ses ustensiles à la masse : tout y passe, son tamis et sa marmite, son trépied et son miroir, ses fioles et ses amphores. Un autre, plus avisé, se moque de ce niais zélé ; il serre ses bardes, cache sa monnaie et se garde de jeter une drachme dans le tronc suspect. Mais, lorsque soone l'heure du banquet public, quand le héraut annonce qu'on met les lièvres à la broche et les poissons sur le gril, le citoyen réfractaire accourt, les dents longues et le nez ouvert au vent des fourneaux*

« J'irai : pourquoi tarder? la République l'ordonne. » — « Et où vas-lu, puisque tu n'as pas déposé ce que tu possèdes? > — « Au banquet. » — « Si les femmes ont du sens, elles exigeront d*abord que tu déposes ton bien. » — «Mais je le déposerai. » — « Quand ?» — Ce n'est pas moi qui tarderai, j» — « Gomment? » — a 11 y en aura de moins pressés que moi. » — « En attendant, tu vas dîner ? » — « Que faire? L'homme de sens doit prêter son concours & l'État. »

A peine construite, la ruche a ses frelons, le phalanstère a ses parasites.

La communauté des femmes n'est pas moins plaisamment bafouée. La loi nouvelle décrète l'égalité de la laideur et de la beauté, de la vieillesse et de la jeunesse, devant le désir. Bien plus : Thersite, amoureux d'une femme, en même temps qu'Achille, a sur lui droit de préséance. Il faut passer par Hécube pour

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