‹ Les deux masques (volume 2)Chapitre 72 sur 94 · LÀ FEMME · texte numérisé non relu

LÀ FEMME

« Nourrice, quelle est cette femme? » Et la courtisane répond humblement : — « Une servante^ que » les vertus de ton père ont achetée. » — « C'est votre » mère, mon enfant, » reprend, pour joueri la nourrice. — « Tu ne dis pas vrai, s'écrie-t-il. Comment » pourrait-elle être ma mère, puisqu'elle porte de si » belles choses?» Alors Yasantaséna, les yeux pleins de larmes : — « Quelle parole dure pour une langue » si douce ! » Puis, détachant les colliers de pierreries qui pendent à son cou : — « Maintenant , je » suis ta mère. Tiens, prends ces bijoux et achète un » char d'or. » — Il n'y a rien dans aucun Théâtre de plus pur ni de plus touchant.

L'idylle natt d'elle-même parmi ces fleurs humaines. Aussi, c*est dans la pastorale élégiaque que la poésie dramatique de l'Inde atteint toute sa perfection. Ealidasa, un poète contemporain de Virgile, nous en a laissé deux modèles dont la délicatesse voluptueuse n'a jamais été surpassée : \ikrama et Ouvrasij et Sakountala. — Vikrama et Ouvrasi est une féerie musicale, pleine d'apparitions, de chants^ de prestiges, traversée par des pantomimes solennelles, telles que celle d'une Reine, debout sur la terrasse d'un palais, et sacrifiant, avec des gestes silencieux, à la nouvelle Lune. Elle célèbre les amours du roi Pouravaras avec l'Apsara Ourvasi^ une nymphe du ciel. En se promenant avec sa maî-

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