‹ Les deux ménages, comédie en trois actes et en proseChapitre 11 sur 58 · ACTE I, SCENE VIII. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VIII. i

peu plus d'assiduité auprès de moi ? enfin qu'il fût ce qu'est M. Dorsai.

MADAME DORSAI.

Ecoutez donc , tous les hommes n'ont pas le même caractère . Dorsai a quelques années de moins que votre mari , et il est tout naturel qu'il soit plus vif , plus empressé.

MADAME BOUEDETJIL.

Aussi je suis sans inquiétude... Mais...

MADAME DORSAI.

Comment mais ? . . . Encore une restriction ? Comme vous êtes habile à vous tourmenter !

MAD g ME BOURDEUIL .

Me tourmenter? Je vous le répète , je ne suis point jalouse. Ah ! de grâce , n'allez pas me donner un semblable ridicule ; mais j'ai fait dans le monde quelques observations , et sans y attacher trop d'importance. Voyez la société : combien y a-t-il de maris qui adorent leurs femmes et qui leur sont infidèles ! Chez les uns , c'est l'attrait du changement • chez les autres , le caprice et la vanité • ajoutez à cela les préjugés si sévères pour nous et si indulgens pour ces messieurs. Et puis le rôle d'homme à bonnes fortunes est si brillant et si agréable ! Enfin , sans chercher bien loin , le petit Albert aime sa femme ; eh bien ! il a une maîtresse * le gros Désormes aime aussi la sienne j eh bien ! il en a deux.

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