‹ Les deux ménages, comédie en trois actes et en proseChapitre 16 sur 58 · ACTE I, SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE X

n'est pas surprenant qu'une dame paie ce qu'elle achète avec un bon signé de votre mari • vous n'avez donc pas plus de raison de soupçonner monsieur Bourdeuil, que je n'en aurais de soupçonner Dorsai.

MADAME BOURDEUIL.

Mais ce n'est pas Dorsai qu'on a reconnu à la caisse , c'est Bourdeuil ; ce n'est pas votre mari qu'on a vu deux fois en embuscade sous une porte cochère , guettant quelqu'un et s'impatienlant comme un jaloux... Ce sont les propres expressions de madame Hippoly te , et ces femmes-là , qui sont habituées aux intrigues, se trompent rarement...

MADAME DORSAI.

Allons, allons, calmez-vous, ma chère amie 5 tout cela s'éclaircira , et vous verrez que vous serez la première à rire de vos soupçons et de vos inquiétudes. Surtout ne parlez de rien à personne 5 tâchez que monsieur Bourdeuil ne se doute nullement...

MADAME BOURDEUIL.

Oh! je suis trop adroite et trop intéressée à cacher ce que je sais déjà , pour en apprendre davantage ; de votre côté , n'en parlez pas non plus à monsieur Dorsai, et si Bourdeuil est coupable, je vous promets qu'avant deux jours je le confondrai de manière à ne lui laisser rien à répondre. Le traître ! j'en pleurerais presque de dépit.

MADAME DORSAI , à part.

Cette pauvre madame Bourdeuil , elle me fait vraiment de la peine.

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