SCENE XV
DORSAI , BOURDEUIL , entrant avec humeur. BOURDEUIL.
Peste soit des femmes qui ont de l'humeur et dont on ne peut pas tirer un mot ! Depuis ce matin , madame Bourdeuil me fait enrager, et demandez-moi pourquoi ?
DORSAI , avec ironie.
Que veux- tu , mon ami , tu dois le savoir mieux que personne.
BOURDEUIL.
Moi! que le diable m'emporte si je puis deviner le motif. . .
2G LES DEUX MENAGES,
DORSAL
Ecoute , mon cher Bourdeuil , je suis ton ami , dans toutes les occasions difficiles , j'ai pu compter sur ton attachement , comme toi sur le mien , j'ai promis à ma femme de ne pas t'avertir , mais l'amitié qui nous unit me fait un devoir de ne te rien cacher, (avec mystère.) Tes affaires vont mal. . . Tout est découvert. BOURDEUIL , étonné.
Comment tout est découvert ?
DORSAL
Oui , ta femme sait tout , et la mienne aussi.
BOURDEUIL.
Eh bien , elles sont plus avancées que moi.
DORSAL
Madame Hippolyte est venue ici ce matin , et par une indiscrétion impardonnable elle a tout révélé. BOURDEUIL , de même.
Qu'est-ce que c'est que madame Hippolyte ?
DORSAL
La revendeuse à la toilette en question.
BOURDEUIL.
Mais tout le monde perd donc la tête ici ?
DORSAL
Non , Monsieur , non ; personne ne perd la tête * et cette madame Hippolyte que vous ne voulez pas connaître , vous connaît parfaitement • elle a dévoilé toutes vos petites intrigues , et a fait savoir à votre femme que vous aviez une maîtresse.
BOURDEUIL , furieux.
Une maîtresse! qu'est-ce que c'est? qu'est-ce que c'est? entendons-nous j je n'aime pas qu'on plaisante sur ce chapitre.
DORSAL
Ne me disais-tu pas ce matin encore : « Un bon