‹ Les deux ménages, comédie en trois actes et en proseChapitre 38 sur 58 · ACTE II, SCENE IX. 4i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IX. 4i

BOURDEUIL, vivement.

Moi ! je ne me rappelle pas avoir eu l'honneur de voir Madame.

MADAME MONTALAN.

Quant à moi , les traits de Monsieur et de Madame me sont totalement étrangers. Pourriez-vous me dire où j'ai eu l'honneur d'être connue de vous ?

MADAME BOURDEUIL , avec une intention marquée.

C'est une question à laquelle Monsieur peut se charger de répondre.^

BOURDEUIL, à sa femme, à demi-voix , avec une impatience concentrée.

Continuez , Madame , continuez ; quant à moi je suis impassible : j'ai pris mon parti , et maintenant rien ne peut plus m'étonner.

MADAME DORSAI, à part.

Est-ce que par hasard ses soupçons...?

MADAME BOURDEUIL , à Madame Montalan.

Madame ne s'est-elle jamais fait peindre?

MADAME MONTALAN.

Je vous demande pardon. . . Oh ! j'y suis maintenant. Mon portrait , exécuté par un de nos premiers artistes , a été exposé au dernier salon. Jamais ressemblance n'a été si parfaite , et j'explique à présent la surprise que ma vue vous à causée. Il y a dans ce portrait lire robe de velours noir qui fait le désespoir de tous l'es artistes.

MADAME BOURDEUIL , à part.

Justement Une robe de velours noir, plus de doute. ( haut. ) Cependant je ne crois pas que ce soit au salon que je l'ai vu... C'était une miniature, n'est-il pas vrai , Madame ?

MADAME MONTALAN.

Non , Madame , c'était un portrait en pied.

MADAME DORSAI , à part.

Oh! je devine à présent : eomme la jalousie nous abuse! (haut a Madame Bourdeuil.) Je sais ce que vous voulez dire , ma chère amie j mais vous vous trompez certainement ? vous êtes dans l'erreur la plus complète.

MADAME MONTALAN , « part.

Ah! mon Dieu, serais-je l'objet d'une méprise?

BOURDEUIL.

Quant à moi, je n'y suis pas du toutj mais depuis ce matin , on ne parle ici que par énigmes , et je commence à m'y habituer. . . Il faut espérer qu'avec le tems et des dispositions naturelles, je parviendrai...

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