SCENE IX
Les mêmes, M. et MADAME BOURDEUIL.
BOURDEUIL , en entrant, à sa femme.
Eh bien , soit • comme vous voudrez , Madame , n'en parlons plus .
MADAME. DORSAI, a Madame Bourdeuil.
Ma bonne amie j voulez-vous me permettre de vous présenter madame de Montalan. . . une amie d'enfance , et qui , j'en suis sûre, sera bientôt chère à toutes deux?
MADAME BOURDEUIL , regardant Madame Montalan.
Madame, certainement... (Très-vivement.) Ciel! que vois-je?
MADAME DORSAI.
Eh bien , qu'avez- vous donc ?
Vour changez de visage !
MADAME MONTALAN.
En effet, Madame paraît très-cmue.
MADAME BOURDEUIL , se contenant.
Cela ne sera rien ; ce n'est que l'effet d'une surprise. (regardant son mari et avec intention. ) Il y a des personnes qui ont l'habitude des émotions fortes , et qui les éprouvent sans que leur physionomie en soit altérée... N'est-il pas vrai, monsieur Bourdeuil?
BOURDEUIL.
Oui, cela se voit quelquefois.
MADAME DORSAI.
Mais quel sujet d'émotion pouvez-vous avoir en voyant Madame pour la première fois ?
MADAME BOURDEUIL.
Les traits de Madame ne me sont pas tout-à-fait inconnus, ni à monsieur Bourdeuil non plus.