‹ Les deux ménages, comédie en trois actes et en proseChapitre 4 sur 58 · C> LES DEUX MÉNAGES · texte numérisé non relu

C> LES DEUX MÉNAGES

BOURDEUIL.

N'est-ce pas ? Notre société n'a fait que fortifier notre ancienne amitié de collège.

DORSAL

Sans vanité , si nous sommes heureux , nous pouvons dire que nous le méritons : tout entiers à nos spéculations , nous nous occupons exclusivement de nos affaires .

Chacun de nous a placé son bonheur dans son ménage * point de folles dépenses , point de luxe.

DORSAL

Une économie sage et bien entendue.

BOURDEUIL.

Point d'intrigues j une conduite exemplaire ; maris de femmes charmantes , nous les aimons comme nous en sommes aimés .

DORSAL

Et, chose rare , nos femmes s'aiment entre elles. Jamais la plus petite altercation. . . le plus léger nuage n'a troublé leur amitié.

BOURDEUIL.

La tienne surtout est un modèle de franchise et de douceur , et elle a dans toi la plus grande confiance • ce n'est pas que je ne reconnaisse dans madame Bourdeuil les meilleures qualités. Oh! j'aime à lui rendre justice ; mais elle est un peu plus susceptible sur le chapitre de la jalousie.

DORSAL

J'ai cru remarquer en effet que ta femme était un peu jalouse. . . Ecoute donc . mon cher Bourdeuil , peutêtre lui as-tu donné quelque sujet...

BOURDEUIL.

Moi? jamais.

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