‹ Les deux ménages, comédie en trois actes et en proseChapitre 46 sur 58 · ACTE III, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE III

MADAME DORSAI , à madame Montalan.

Il cherche à éluder la question.

MADAME MOKTALAN.

De grâce, Monsieur, trêve à toutes ces plaisanteries : avant de me rencontrer chez Madame , m'aviez-vous vue quelquefois dans la société? quelqu'un vous aurait-il fait confidence de l'intérêt que j'aurais pu lui inspirer ?

BOURDEUIL , à part.

Je ne me trompe pas . ( haut. ) Non , Madame , non , je n'avais jamais eu l'honneur de vous voir, ni d'entendre parler de vous .

MADAME MONTALAtf.

Cessez donc de me compromettre davantage , et rendez-moi mon portrait.

BOURDEUIL, stupéfait.

Yotre portrait! votre portrait ! (à part.) Nul doute, c'est une mystification 5 on veut tourner en ridicule mon rigorisme sur la fidélité conjugale.

MADAME DORSAI, bas à madame Montalan.

Il se consulte.

BOURDEUIL , à part.

Prenons la chose gaiement , et montrons autant d'esprit que ces dames, (haut) Eh bien! oui 5 on peut parler devant madame Dorsai? Puisqu'on a découvert ce que j'aurais voulu me cacher à moi-même , je sens qu'un aveu franc et sincère est le seul moyen qui me reste d'obtenir mon pardon. Je conçois toute l'énormité de ma faute, (à part.) Eh! moi qui prenais la chose au sérieux !

MADAME DORSAI.

Ah! vous en convenez enfin* c'est le seul parti qui vous reste : madame Bourdeuil est une excellente

5o LES DEUX MENAGES ,

femme, elle vous aime, et je suis sûre quelle vous pardonnera.

MADAME MONTALAN , à part.

Comment ? il serait possible ! . . .

J'espère , madame Dorsai , que vous m'aiderez à la fléchir, et je vous promets de rentrer dans la bonne voie. Je compte sur vos conseils pour soutenir ma faiblesse : d'ailleurs je ne suis point encore un pécheur endurci 5 il y a de la ressource, et, avec vos bons avis et une volonté ferme , je ne désespère pas de ma réforme. A tout péché miséricorde, (a part.) C'est charmant , cet hiver nous jouerons des proverbes. MADAME DORSAI , à part.

Mais je crois , en vérité , qu'il veut encore faire le plaisant.

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