UN OUVRIER
C'est ce gamin de Bahu.
BAHU , riant.
Elle est bonne ; celle-là, hein?
l'ouvrier.
J'te vas... (Il va pour le frapper ; Bahu se réfugie auprès de Lucien.)
BAHU.
Ah ben ! non , pas d'calottes ; c'est pour de i ire.
LUCIEN
Ecoute, si tu fais toujours des tiennes, je me verrai forcé...
BAHU.
N' vous fâchez pas , contre-maître ; voulez-vous que je vous fasse une commission?
LUCIEN , à part, en riant.
Je rae reconnais : me voilà à son âge.
JACQUES
Allons, silence! Jean-Pierre.
JEAN-PIERRE
Présent...
JACQUES
21 francs , 15 centimes.
LUCIEN
Mais il y a un carreau de cassé à l'atelier pour son compte.
JEAN-PIERRE
Bourgeois , c'est pas moi qui doit le payer.
J.ACQUES.
Et qui donc?
JEAN-PIERRE , Se grattant l'oreille.
Pour lors , j'allais manger mon pain; j' mords, je sens tiuolque chose qui résiste... c'était Bahu qui avait fait un trou et mis une piotre dedans; pour lors, colère , j'y ai voulu jeter la pierre, j'ai attrapé l' carreau.
BAHU.
C'était pas une pierre.
JEAN-PIERRE
C'était pas une pierre?
BAUr . s'avaiiçanl
Non ! c'était pas une pierre... c'était un caillou.
JEAN-PIERRE , lui donnant un soufflet.
El ça... qu'est-ce (pie c'est que ça?
'bahu.
C'est pas un coup d' pied...
LUCIEN, se levant.
J'ai déjà défendu qu'on le balte.
JEA>-PIERRE.
Il lue fait toujours aller.
l.rr.lEN, à part.
C'est vrai ; à sou âge . je ne recevais que ça.
BAHU , à Lucien.
Soyez tranquille, il a son garçon qui n'a qu'un an de plus que luoi ; l'y administrerai son atTaire.
LUCIEN
Je paierai le carreau.
BAHU.
Merci, contre-maître.
JACQUES
Tiens, Jean-Pierre. (Appelant.) Martin Gérard...