TOUS LES OUVRIERS
Bonjour, M"' Mille, comment qu' ça va?
ÉMÉLIE
Bien, très bien, mes bons amis; ah! maintenant, me voilà tout-à-lail rétablie et prête à vous faire enrager encore.
BAHU, caché derrière les ouvriers et criant comme un sourd.
Vive mam'selle Mélie.
É.MÉLIE, riant.
Il ne faut pas demander si Bahu est là.
BAHU, passant entre les jambes de Jean-Pierre. Toujours au poste, quand on donne des gros sous.
LOUISE, entrant.
Eh bien! Éraélie... tu vas encore déranger ton père.
ÉMÉLIE
Je voulais seulement lui dire bonjour et savoir s'il aura bientôt flni.
JACQUES
Je n'en ai plus que quelques-uns et je suis tout à vous.
ÉMÉLIE, aux ouvriers.
Messieurs, dépêchez-vous, c'est aujourd'hui dimanche, et c'est bien assez de travailler toute la semaine ; qu'au moins papa soit libre de bonne heure.
LUCIEN
Ne craignez rien , M"' Émélie, il n'y en a plus pour long-temps.
ÉMÉLIE
Tiens, je ne vous voyais pas... bonjour, M. Lucien.
LUCIEN
Bonjour, M"" Emilie... bonjour, ma petite femme... JACQUES, l'interrompant.
Allons, ne va-t-on pas parler d'amour, quand je fais ma paie.
ÉMÉLIE
Ah ! mon Dieu! qu'as-tu donc papa, tu n'es pas gentil, ce matin?
LOUISE bas, en l'emmenant de l'autre coté. Tais-toi, viens par ici.
Voyons, Martin Gérard, (il s'approctie de Jacques. ^ Comment ! loi, ordinairement si travailleur... tu nas fait que quatre jours cette semaine. (L'ouvri«T baisse les yeiii.) C'est mal, ça , un si bon sujet ! (Martin ne répond rien, et essuif ■îcs veux.)
20 MUSÉE DRAMATIQLE.
ÉMÉLIE, s'échappant des mains de Louise. Papa, ne le gronde pas, si tu savais... sa vieille mère est malade, elle se portait mieux quand il était près d'elle... ce pauvre garçon... c'est bien naturel!
JACQUES, avec effusion.
Et tu ne me le disais pas... tiens, mon ami, voilà ta semaine entière.