SCÈNE IL
GORIS, CRUCHAGA, MANUEL, CHAPA- UNGARA, GURREA, IRIBARREN, ES- POZ , JUAN ST PLDSaUAS AUIRB» mBOmAQBS IMB LA 6DEAILLÂ.
GORIS , à Cruchaga.
Je te dis que si tu comiuandais je me moque-^ rais de tes ordres.
CRUCHAGA.
C'est ce que nous verrons.
GORJS.
Vraiment ! tu t'imagines donc remplacer Xa«vier?
CRCGHAGA.
Pourquoi pas?
MANUEL, CHAPALANGARA «i GORREA, ensembls.
Pourquoi? parce que nous sommes là pour nous y opposer.
ESPOZ.
La paix, amis, la paix! Ces disputes doivent avoir un terme. Déjà les Français publient de toutes parts qu'ils nous ont anéantis pour toujours, et si nous tai*dions à nous montrer, le pays pourrait bien finir par les croire. Il est important de donner un démenti à ces nouvelles; mais comme il faut un chef pour agir, et que le choix vous embarrasse , je viens vous en proposer un qui saura se faire obéir et vous conduire par le bon chemin.
TOUS
Quel est-il? parle.
LES DEUX tflNA. 189
ESPOZ.
Moi.
TOUS
Toi?
ESPOZ.
Oui,
moi
: cela
VOUS étonne?
GIkUnHAGA.
Tu n'étais que l'ordonnance de Xavier, quand il m'avait fait sergent poui' mes services.
GOBIS.
Francisco! j'avais mené des troupes à l'ennemi que tu pansais encore des chevaux.
GHAPÀLANGiBA.
Ton escopeta a-t-elle abattu autant de Français que la mienne?
Espoz, les bras croisés, la figure calme, écoute sans mot dire ces diverses interpellations; mais il promène un regard scrutateur et farouche sur tousceux qui l'environnent.
190 LBfi JXVX MINA.
MÂNDËL.
D'ailleurs, Espoz^ quels sont tes titres pour le mettre au-dessus de nous? as-tu vu enlever tes récoltes, brûler ta maison? as- tu comme moi donné à la patrie ce que tu avais de plus cher en ce monde? Ta mère a-t-elle succombé à sa douleur? Laisse, laisse à ceux dont le cœur regoi^e de fiel le plaisir de rendre malheur pour malheur, tourments pour tourments. Je n'ai plus qu'un désir, c'est de torturer de mes mains les auteurs de tous mes maux.
ESPOZ.
Crois-tu donc, Manuel, que je voudrais retenir ta vei^eance? au contraire, en la guidant je k rendrais plus sûre.
MANUEL
Je ne veux d'autre guide que ma haioe ^ d'aotre soutien que ma rage r j'ai soif du sai^ fraoçsôs, £spoz! quand je m*en serai rassasié , je te cède*rai la place si tu y tiens; alors^ je te Je jwe^
comme un Téritable Espagnol , je ne demanderai qu'à mourir, n'importe de quelle manière, pourvu que ce soit en chrétien.
BSPOZ.
Il ne suffit pas qu'un chef fasse le sacrifice de sa vie, Manuel; 11 faut surtout quil veille au salut de ses frères , et tu n'es pas assez de sang-froid pour t'acquitterde cette tâche.
TOUS
11 a raison.
JUAN
Celui qui parle avec sagesse est aussi celui qui sait se conduire : je te donne ma voix, Espoz ! et je ne crains pas de m'en repentir jamais.
lAIBARREN.
Et moi aussi.
GURBEA.
Je joins la mieone anx vôtres.
CRUCHAGA.
Moi, je crois qu'auparavant il faut.....
ESPOZ.
Il faut, il faut, il faut en finir, Crucbaga. Voilà assez long-temps que ces débats durent et que nous perdons des occasions précieuses pour notre cause. Me reconnaissez-vous pour votre commandant? je jure d'en remplir les devoirs.