XVI IL
PORTEAITS»
Le guérillero qui vieut de s'emparer si audacieusement d'un pouvoir disputé par des hommes yiolents et énergiques , mérite d'autant plus de fixer notre attention, que c'est lui désormais qui va principalement nous occuper. Disons donc quelques mots et de son origine et de sa personne.
198 tu DBtJX mina/
Dans la valiée de l^lonréal, à cioq lieaes de Pampelune , sur le cfremin plat et facile qui conduit de cette ville à Lumbier ou à Sanguessa ( } ), se trouvent une douzaine de maisons qui , par leurs proportions réduites, la dégradation de leurs murailles^ le désordre de leurs toitures » et la malpropreté de leurs abords, rappellent nécessairement à la peosée 4u voyageur, Tinsoudance, la paresse et la misère. Ce village se nomme Idocin {2).
Parmi ces habitations groupées à droite et à gauche de la route, il en est une que Ton re^ marque , seulement parce qu'elle est la plus rapprochée du chemin; car ni la hauteur de son pignon, ni les différents détails de sa façade , ne la distinguent dé celles qui l'avoisluent. De même que les autres, elle a sa grande porte à plein cintre qui donne entrée au vestibule où se chargent les bêtes de somme, s'abritent les piétons ,
(1) UiKfbrtbeUeroate a remplacé moiilttiiiittlBcliftii^ndwt U est ici question.
(a) Prononces AAM^cne,
et se réapissent les enfants' du voisinage; dent croisées percées de chaque côté de la porte, et, au-dessus, trois autres petites fenêtres qui, ainsi que celles du rez-^e-chaussée , ont leur traverse supérieure contournée dans le style oriental, ce qui prête à ces constructions de Tétrangeté et de la coquetterie. Une femme mauresque, aux formes pures et robustes, recouverte de haillons, mais de haillons qui attestent une ancienne aisance, et qui, par leur arrangement pittoresque, ont encore je ne sais quoi de noble et d'élégant, donne assez bien l'idée de Feffet que produit au premier aspect la vue de ces demeures tout à la fois blanches et malpropres , gracieuses et misérables.
Cette maison délabrée est habitée par une veuve qui touche à la soixantaine. Quoique petite, maigre, et en apparence délicate, cette femme n'en conserve pas moins , malgré son âge avancé, une grande activité d'esprit et une santé vigoureuse.
Maria Teresa, c'est ainsi qu*on la nomme, a
200 £BS ùEvx umn.
eu plusieurs enfants , mais il ne lui reste qu'un fils pour cultiTer rbéritage de son père Lludain et celui 4e son mari, Juan Estevan EqK)z; et ce fils, appelé Francisco, aussi peu laborieux que la plupart des Espagnols, a laissé fort souvent la plus grande partie des terres eu friche. La fortune n'avait donc jamais répandu ses faveurs sous cet humble toit, et, par une conséquence assez naturelle, la bonne harmonie n'y r^ait pas toujours. La mère, exigeante, vive, impérieuse, se plaignait du. peu de produit des récoltes; de son embarras pour payer la dime à réglise, les redevances aux couvents, les impôts au recaudadoTj tandis que le fils, qui déjà comptait trente-six ans, violent et irascible , supportait avec peine et cette humeur et ces reproches.
Telle était la situation de cette famille quand Tannée impériale envahit la Navarre. Francisco Espoz trouvant alors une occasion favorable de s'affranchir d'un travail pénible et peu fructueux, abandonna presque aussitôt la charrue pour en-
trer au service d'un Français, le général Rostolang; mais, un jour, les domestiques de cet oSmer ayant touIu le contraindre à porter, à Puente-la-Reyna, un fardeau d'un poids trop considérable, il courut s'enrôler dans le bataillon de volontaires que venait de former la junte insurrecticmnelle d'Aragon. Il serait resté sans doute soldat dans ce corps , si les succès de son neveu ne lui avaient inspiré le désir d'aUer s'associer à sa fortune.
A cette époque, comme on peut le croire , les idées politiques d'Espoz n'étaient guère développées : néanmoins, pendant les premiers temps de son séjour à Pampelune, il av»t entretenu de fréquents rapports avec le jeune Mina, et les conversations lie cet étudiant, aussi bien que ce qu'il avait entendu dire de tous côtés par les affiliés de la junte secrète , l'avaient éclairé sur beaucoup de choses qu'il était loin de soupçonner tandis qu'il labourait ses quelques fanegadas de terre à Idocin. D'ailleurs, en embrassant le parti de la nation ^ il voyait un moyen de se venger des
t0S Uê mVX MINA.
étranger» dont il avait à se plaindre, et la vea*^ geaoee est si douce pour u» cœar espagnol!
Quoique Xavier eût presque toujours vécu avee son oncle» il n'avait cependant aucune idée de son véritable caractère ; aussi , lorsque ce der« nier vint le rcgdndre, eut41 d*abord la pensée qu*il s'estimerait heureux de faire le service d'ordonnance, après avoif été palefrenier ^t soldat ; mais nons avons vu , par une courte convei"* sation entre ces deux hommes, que Mina n'avait pas tardé à revenir de son erreur, et à recon* Battre que l'ignorance de son parent ne dûninuait en rien l'opinion qu'il avait do lui-même. Cepen* dant, Francisco Espoz ne se montra ce qu'il était réellement que lorsqu'il se fut emparé du commandement de la guérilla. Jusque là, soit que son Intelligence eût besoin d'un événement ex^ traordinaire pour se développer, soit que la dissimulation qui lui était naturelle l'eût tenu dans une réserve qu'il jugeait utile à ses projets futurs, rimi n'aviât indiqué en lui cette impatience à supporter toute espèce de frein , ce pencbant à
la cruauté et à la dominatton, et surtout cet esprit astucieux et perfide qu'il moutra dans les plus petites actions de sa vie » et qu'il eût été im* possible de soupçoQuer sous sà. lourde et épaisse enveloppe.
La ligure d'Espoz est vigoureusement dessi* née; son teint, quoique basané, est animé d'un rouge assez vif; sur un front large, mais légère^ ment déprimé à la partie antérieure, se dres^ sent en désordre des cheveux bruns, raides et touffus $ semblables aux soiea d'un sanglier; ses yeux, profondément enciiâssés dans leur or^* bite, et dominés par deux la^es sourcils, ont qudque cbose de faux et de féroce; inmiobi^ tes, lorsqu'ils soflxent sur un objet, ils jettent parfois un éclat brillant, et quand la fureur les anime, ils lancent de rapides éclairs. Sa taille est moyenne; mais ses bras nerveux et son torse ramassé annoncent une force musculaire des plus puissantes. 11 y a dans tout son extérieur quelque cbose de nule et de sauvage. La gros* settr de son cou, la carrure de ses épaules, la
sailUe de son nez aquilin et épaté par le bout , les touffes grisminaates de sa chevelure, qui se montrent prématurément aux parties latérales de la tête, tout dans sa personne annonce une de ces organisations yivaces et actives qui supportent avec impatience le repos, et sont tourmeutées sans cesse du besdn de se produire. On reconnaît en lui, après Tavoir étudié attentivement, un de ces êtres excq[^tionnels, capables de pousser les passions à Textrême; auxquels, pour parvenir à leur but, rien ne cpûtandt;et qui, jetés au milieu d'une révolution, peuvent, s'ils smit servis par le hasard, arriver à la fortune , tandis que, dans les tenips ordinaire, le crime, probablement, les aurait conduits à l'échafaud. Terrible dans ses emportements, Espoz conserve cependant, quand il le faut, assez d'empire sur lui-même pour cacher sa colère soqs un calme farouche, ou sous une bonhomie railleuse; mais lorsqu'il fait ainsi violence à ses penchants, c'est qu'il espère arriver à ses fins d'une manière plus sûre. Sans peur devant l'ennemi, sa bravoure
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n'a rien qui grandisse ou étectrise; c'est celle d'un boule -dogue qui 3e précipite avec rage sur le hâton qu'on lui présente. Incapable de tout sentiiQ^t élevé et généreux ^ il regarde la démence comme une sottise et la pitié com^me une faiblesse; aussi le malbeur n'a*t-il aucun titre à ses yeux> et la cruauté > permise dans son oj^nion à Tégard du vaincu , lui semblerait tout aussi justje si on l'exerçait envers lui-même. D'une méfiance que rien ne rassure , il croit toujours qu'on cherche à pénétrer ses desseins, ou à le trahir , et si jamais il eut un amiv jamais au moins il ne lui montra de la confiance. Très-souvent» il est vrai^ il laisse échapper^ comme malgré lui, une cimfidence inattendue ;maisalors^Qn peut en être certam, cette indiscrétion apparente, Mte dans un but secret, cache m contraire quelque intention qu'il craint que Ton ne pénètre. Rarement il parle de ses actions ou de son mérite; et toi^ours il refuse l'encens qu'on brûle en sa présence; mais, sous le manque hypocrite dont se couvre s<m amour-propre , il provoque les lonan*
gesquise répondeotcommeàMiiiiifiii, et alors il aecq^te jnsqu^à la flattée nudadrohe et gros* rière. Du reste, Espot ii*a ni les défiauls ontt^ oaires à la jeimene, ni Igb faiblesses qne Ton re^ proehe à l'âge mûr : indifférent aux plaisirs, Taraonr même ne saurait émouYoir ce curar que Ton dirait tidllé dans irae roche primitive. Son ton brusque et éneiigique traduit assra fidète^ ment son caractère entim" et deqiotique, comme aussi son élocution saccadée et peu fadOte fkit comprendre la rusé qu*il cache sous les réponses les plus insignifiantes; accoutumé, dès renfance, à ne parler que le basque corrompu, en usage dans te nord de la Navarre, son lainage, lors-^ qu'il s'exprime en espi^iiol, est incorrect et trivial. Enfin ^ sras vanité aucune pour oe qui tient à réclatextérieurj il pousse la simplicité des v6« tements jusqu'-au^lelà de la négligence, et les insjgnes^ d'un grade, de même que toutes les distinctions militaires, sont pour lui des hochets que , loin de piiser , il dédaigne.
En un mot, pour peindre Espox €«i peu de
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traite, il suffira de dire que c'est un despote dissiiuttlé^saiigttiDaireetambitieaX) qui^ né sons une monarcbie décrépite, n'a vu dans uo gou-» veruement.répubiicaiu qu'un moyeu d'arriver A la puissance, et qui, dépourvu de savoir, aussi biMl que d'inspiratious, u'a rien de ce qui constitue un lionime d'état, ni rien mm plus de ce qui fait un bomme de guerre.
Aussitôt qu'Espo^ eut pris te eonounandement des vcdiontair^ de la i^ovince, il pensa que, pour bédt^ de la réputation de son i^édécesseur, le meilleur moyen était de s'approprier son nom : en çonséqui^ncç, dos ce jom*» il rajouta à celui qu'il tenait de son père, et se fit appoler Frm^ ciêM E^po^ y Mina (i).
Xavier avait di^^aru si promptement de bi scène, que cette substitution fut à peine remar* quée : la plupartdes France» conftmdirent même
(}) A cette époque, ne sachant pas écrire, il copia exactement la signature de Son neveu ; mais ensuite il ne s^attacha plus à cette imitation serrHe. Vcyts les deoi plèees origlnalcf plaoées & la Sn (ta a»«oliiine«
tas LES BSLVX IIIRA.
hienUa les deux iadividus; car lés actions de r oncle 9 saos être éclatantes, ne tm^dèrent pas cependant à faire oublier les entreprises du neveu, qui, comme on l'a vu , n'avaient conduit à rten.
Le nouveau Mina déploya alors une activité dont on l'aurait cru incapable. Il commença par réorganiser la guérilla qui s'était presque entièrement dispersée après la perte de son chef; puis, avec cette sagacité et cette intell^nce naturelle aux hommes des pays méridionaux, il prit toutes les mesures qui pouvaient accroître ses forces et çervir les intérêts de sa cause. Il écrivit aux autorités des villes et des villages, non-seulement pour se faire reconnaître par elles, mais pour stimuler leur enthousiasme, les inviter à seconde ses efforts, et menacer du châtiment le plus rigoureux quiconque, par trahison ou par faiblesse , contribuerait à prêter le moindre secours à l'étranger. Ainsi, à peine avait-ir rallié autour de sa personne quelques individus sans considération et sans importance, qu'il pariait dé-
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jà en mattre , et prétendit dicter des lois , même: là ail ta présence des Français semUait garantir leslial]jtants de sa ccdère.C'est qn*il n'ignorait pas que la population n'avait qn'nne seule pensée, raffranchissement de l'Espagne ; c'est qu'il était sftr <pi'en employait les mots magiques» Ferdi^ nmut et reUgimy il poufait oraipter sur le concours du riebe comme sur l'assistance du pan*- Tre ; c'est enfin qu'il avait reconnu que lors- ^'on s'adresse à des eqinlts fanatisés, il £aut oser beaucoup pour qu'Us vous écoutent et vous eom* premMDt.
Un de ses premiers sc^s fut aussi d'augmenter liaolem»t de l'ennemi» répandu de toutes parts sur le territoire» et de resserrer de plus en plus l'espèce de réseau invisible qui déjà entoundt les soldats de Kapoléon» les empêchait d'agir autrement qne réunis» et les tenait dans une ignorance conqdète de ce qui se passait autour d'eux.
Pomr parvenir à ce résultat» il conçut un projet qui ne pouvait être mis à exécution que dans un pays où les sentiments patriotiques sont ft
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f abri de là corruptkm et titiaubne^. Il ôrgantea, dans la plupart des Itonx habités^ Ae» espèces de compagnies sécrëtes^ qui sonsladéiieinlàatioii à'adumerm (douanier») étaient th^ées depct"eevoir pour son compte nn certain droit sur le» denrées et sur lesmarebandises» et qui en outre devaientlnteroept^teàcommtiniottloDsdesFnta»
çais> soustraire leurs correqiondaiices, et obaor^ ter leurs moindris moôvefflfHits* Orftoe à œs smtellbttits attettti&, lorsqa'aneeelcinfieKinelr tait en marcUe, Mina, à quelque distaiioe qn'il se trouvât, en était informé presque auoatAii d'abord par- des coups de font tirés 48 poalé en poste, et ensnite, atec plu de âétaiki, par des prùpUm, ou exprès, qui , se reletant de lills^ ett TillBge, lui tnasunettaienl ces avis anreeué exactitude et une célérité snrprenaMteé
Une fèute d'avantages étaient la
de cette (dation facile : on cottçfil^ par <
pie , que ces botsines feinuft Un tel tnt^vif
dès qm l^enneml se préttutait SOT qn^^aû poîM)
le tcxiatent daoït «ne iaceriilade et uw #erta
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continuelle ; car les français , privés de tous renseignements, ne savaient jamais à quelles forces ils allaient avoir à faire; et quand les douaiiîèrs étaient poursuivis de trop près, ou avaient Intérêt à ne pas s'éloigner, il leur sullîsaît de fcachef leurs armes pour se trouver confondus avec les habitants. Ne portant aucun uniforme, rien flë pouvait les faire reconnaître , et pèfsôiiliè û'âu-» raît songé à les trahir.
Ëspoz fit encore preuve d'adressé dang lééhoîx des chefs destinés à servir sous ses otdreS. Oubliant, ou feîgûant d'oublier , la rivalité qili avait existé âii sujet du commàndémedt, il distribua tes premiers grades entre Cruchâgâ, Chàt)alarigàra et Gorîs , les trois c'ompétitêtirs qui luî avaient disputé le pouvoir avec lé pliis d'achat** neitaent. Mais quoiqu'il se flattât, par det acte de politique, d*avoir satisfait leur aftiour-propré humilié, il prît héanmôins des mesures pont se mettre à couvert de leurs mauvais dëSseihs. Certaîtt dii dévôûmént d'une ciuquàtïlâJriê d'ihdividus, it en forma ùhë compagnie de guides, ^tTil ëilt l'aif
de considérer seulement comme un corps d^élite et de réserve, mais qui en réalité servait de garde à sa personne. C'était à ces hommes, aussi obéissants que les sujets dociles du Vieux de la Montagne , qu'étaient confiées les missions secrètes et les exécutions qui, par leur nature, aurairat répugné à tout autre.
Gurrea , fils d'un pauvre cultivateur des environs d'Olite, dans la basse Navarre , fut celui qu'Espoz crut devoir mettre à la tête de cette compagnie. Petit de taille , trapu , fortement constitué, il ressemblait à un Cosaque, ou plutôt à un Kalmouck des bords de l'Oural. Brave jusqu'à la témérité, doué d'une grande énergie, d'une activité infatigable, et d'une intelligence prompte , il serait probablement devenu un contrebandier intrépide, si le hasard ne l'eût jeté dans la carrière des armes. Désintéressé, ami sincère, il s'était attaché à Espoz par entraînement, et il s'était laissé dominer par habitude. De même que la plupart des Espagnols, il ne tenait pas assez compte de ses semblables pour
s'étonner des cruautés que parfois on lui Caisaît commettre; mais abandonné à lui-même, sll n'eût pas reculé devant les mesures violentes ; au moins û'auraiMl pas pris plaisir à commander des rigueurs inutiles. Accessible aux sentiments généreux, le malheur pouvait Témouvoir, et la prière l'attendrir (i).
Iribarren, qui avait soutenu, dès le principe, les prétentions d'Espoz, fut chargé de l'organisation de la cavalerie. C'était un Navarrais tout à son pays et à ses devoirs. Courageux, réfléchi, humain; n'ayant d'autre désir que de mériter l'approbation de ses compatriotes, et de voir triompher le souverain qu'il considérait comme un martyr et un héros.
Quant au modeste Juan, on lui donna le commandement d'une compagnie^ de grenadiers: il n'en fallait pas tant pour le satisfaire.
Mina eut , en outre , Tattention de s'entourer d'un certain nombre de créatures, choisies parmi
(i) Plusieurs Français prisonniers lui ont dû Teiistence, et ceux qui Curent confiés à sa garde eurent sujet de s^en a|»tilau4ir.
314 If» PJUDX MIRA.
m efiW W n'ont Q) ?(w)air pi pen^; qui IQpt 4él»QQi»ire8 ^Yeç m chef indulgeçt, orqel# a¥eq m W^ltr© fiévèrn ; yérit^btei IjruteR à fopiiip bnmalff^^ qu'on ^mW ^^ muet» du fiér^lU st dont V#»pèçe e}(|»t9 çltçn tqm les peuple* veste? 4au« rignwuftçe ou gQU9 rempire 4'un pquYQîr
tyrannique. Pour un despote, ilq'e^t P9S4e (er?)tenr* qw leur «oient eoropwabies î un coup Cœil les dirige, uq seul wot leur suffit : ont-Us k voh5 4é(eq4re, % «'liïmioleHt; Içqr dit-onde puqîr, il? qwssucrent, flspo^i qui connaissait le prit d'une p^treiUe alinég^tion de soi-même , s'était attaché Gîolecco et Apostéguy, tous les deux prêts à oJ)élr ^ son geste et à ^ voix.
Le premier est une sorte d'automate de quatre pieds dîï pouces de hauteur , qui d'habitude reste inerte et sans vie, mais qui, lorsqu'on touche à certains fils, sort brusquement de son état de repos, et se meut comme un ressort fcatement comprima, que ses liens ont tout t-^- coup cessé de retenir.
Le second esi on ilote grand et robuste; bon*
bemme par sa nature, mais qui, ayant quitté te service des autels pour celui d'un guérillero , montre autant de soumission à Mina qu'il a?ait de résignation pour les décrets de la Providence. Vf'ai moine défroqué, c'est avec un calme imperturbable , et le sourire sur les lèvres, qu'il exécute les plus atroces sentences. Il a Tair de dire ^ sa victime : « Je suis vraiment peiné d'être obligé de vous enfoncer le poignard dans la gorge, mais ne m'en voulez pas; si ce n'est pas pour votre bien, c'est au moins pour la plus grande gloire de l'Espagne. »
Combinez ces types entre eux; modifiez les uns par les autres ces dififérents caractères; donnez à ces figures les accoutrements les plus dégoûtants ou les plus^ grotesques, et vous aurez sous les yeux les personnages qui composent l'état-major du chef des insurgés de la iNavarre.
BBCBUTEMBNT.
AEstdU,l«Uj«iUeti8iO.