SCÈNE I
ESPOZ BT APOSTÉGUY.
Il est trois heures do matiD : Espoz, qui repose tout habille sur son lit, seléveenenteudant quel-
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qu'un ouTiir avec précautiao la porte de sa chambre.
ESPOZ.
Qoî va là? Ah! c'est toi, Apostéguy! Eh
bien » as-tu fait ce que je t'avais recommandé?
APOSTÉGUY.
Tout, senor. Nos gens ont pris les armes dans le plus profond sileivq, et la maison qu'oc* cupe Ecbeverria est cernée en ce moment de manière à ce que personne ne puisse y entrer ou en sortir. Quant aux hommes sous les ordres de ce guérillero, îh ont été dfsséminés dès hier soir, à leur arrivée, dans des logements tellement éloignés les uns des autres, qu'il leur faudrait beaucoup de temps pour se réunir si l'envie leur en prenait. Au surplus, ils se reposent probablement encore de let|Fs fatigues, car je n'en ai pas rencontré un seul dans la tournée que je viens de feîre.
ESPO*.
A m^*veiUel aMU^^ dans ce moments uoi^
sommes Térltablement les mattres à Estella?
^esTleiîY.
Aussi bien que s'il n'y avait que nous dans Ul ville.
En ce cas y écoute attentivement ce que je vais te dire. Prends vingt volontaires de la compagnie des guides, tes plus sAm et les phpvtgoweux; va chez Ecbeverria; empare-toi de sa peiwam^ ainsi que des troi» ciapil^oes qui ont sa confiaucei ^t (ps^UO'lw tous les quatre^ à Tiostant mime» sm la port« 4e leurs dewQures^ {Jpm un silence.) Eh bîenl qu'as-t» à me regai'der d'un air étonné? est-ce (jue tu ne m'as pas entendu?
ipopîJÉftqy-
Si fait, senér^ si feit> parMteaiMt. Mais j« croyais que vous avie^ engagé Beberei^a à venir joindre ses ftffces aux vôtres, pour agir de concert contre l'enowni, et... ^.
ESPOZ.
Sans doute : il Tallait bien Fattirer id sous quelque prétexte.
AFOSTÉGUY.
Ab! od , je comprends. Mais ne craignez-vous
BSPOZ.
Sois tranquille: à rbomme hardi, fortune lui tend la main.
AP0STé€I3Y.
Certainement: pourtant, dit ausâ le proverbe, celui qui ne regarde pas devant soi court le risque de rester en arrière.
ESPOZ.
Gardetes sentences pour d'autres , Àpostcguy ma tête répond de mes œuvi^es. Tu ne vois donc pas l'avantage que je retirerai de ce coup de iwitt? A peine si j'ai aiyourd'hui quatre cents hommes sous mes ordres, tandis qu'Ëchevenla a pu rassembler à nos dépens sept cents funtas-
JUES DEUX MINA. 2U
sins et deux cents cavaliers. Privée de son chef, cette guérilla n*aura rien de mieux à faire que de se réunir à nous, et dans une heure je me trouverai commander à plus de mille hommes d'infanterie et à deux cent cinquante chevaux. Trouves-tu que cela ne vaille pas la peine de courir quelque chance?
ApOSTÉGOy.
J'en conviens; maïs si ces hommes, furieux d'avoir été trompés.....
ESPOZ.
Par Lucifer! tii me prends pour un novice. À celui qui veille tout se révèle : sache donc, pour te rassurer, que je me suis ménagé des intelli'* gences dans cette troupe, et que déjà je coniiais ses dispositions à mon égard. D'ailleurs, fais dire à ses principaux officiers de se rendre chez moi sur-le-champ, pour y apprendre une nouvelle importante. (A part.) Quand je tes aurai sous la main, telle demande ils feront, telle réponse ils auront.
232 LES DEUX lÛNl.
APOSTÉGUT.
lUnffit.
Ënvoie-moi aussi Gtirrea en t'eo allant.
APOSTBGinr.
Oui, senor.
Ce nigaud d*Àpost^uy! il était loin de sonpiXMmef mes ptt^Xêl.. Quoique je soin hùr de cet bonune comme de mei^ntémé, ce n'est ni k lui ni à d'autres que je me confierai jamais. Je le sais, Dieu merci, depuis loi^ -temps: à qui Ton donne son secret on donne sa liberté.
Î^CÊNË IL
ÈSPÔZ BÎGtftREA.
Yons m'tKwi dèmiMlé, siiicfr?
Oui: ta compa^ie va m'étre nécessaire.
LÈS DÉtJX MINA. 222
GOAHËA.
Elle est ici , à deux pas.
ESPOSB.
< Bon: que persofine ne s'éloigoe^ et que Fou mi pp^ à agir au premier woi. Noa gei» o&t«41ft eoGii te&muBîtioDs.de réserf&doBtj'aierdcMHié qu'ils isQieat pQUTYUs?
Hi», j*a! dit ftttX dures des diflféi«tifëÀ pa^ foifties deia^ffie de nous faire coâfecfiottiiét^ dei» eartouches, et on a dft ^ travaiOef toute ta nuit. Les couvents ont ausSf offlift éb coopérer à la besogne, même cdtfi déii religieuses , et tout le monde est animé de si bonnes iQtefitiofiS^ que demain.....
Deni^u! c'est aujourd'hui qu'il nous lesfaau dans trois heures au plus tai*d. Que m'importent leurs intentions! de bonnes intentions Tenfer est plein. Curés et frayteà (tboines) doivent obéir comme les autres, et âdmt^M^ft, f^iâi^è'ils
2^4 us DErX IIIIIA.
donnent Texemple* {Jprês s'être promené un moment en silence il se dirige vers la fenêtre^ l'ouvre et regarde en dehors.) Je vois arriver certains indiTidus que j'attendais: reste, 6urrea; je peux srvoir besofa de tes services. Pendant cette conférence , tiens-toi près de k porte » et, sans rien faire paraître, aye constamment les yeux sur moi. Si tu me vois m*a]^yer contre cette table, tu sortiras, et reviendras aussitôt avec trente ou quarante liommes, la hayonaette au l)out do fuâl. Dans le cas ob il fiiudrait nous débarrasser de quelques récalcltrafits, un gesie te le fera comprendre.
GOEIIKA.
C'est entendu.