LÉONCE ET ADOLPHE
ADOLPHE, accourant,
Mon ami , j'ai tout préparé dans le plus grand mystère: déjà la nuit est noire, il est temps de nous séparer. Si le ciel me favorise, dans trois heures je serai à Pampelune, et dans neuf ou dix, de retour près de loi. Si je succombe, il est probable que nous ne tarderons guère davantage à nous rejoindre.
LÉONCE
Je Tespère. Prends ce papier.
ils se jettent dans les bras Fun de l'autre, et y restent quelques instants.
ADOLPH£.
Adieu, Léonce! à bientôt^ de toute manière.
LÉONCE
Oui, à bientôt ! Ici {montrant le ciel), ou là.
992 LES DEUX l^INA.
Ils s'embrassent encore; enfin, Adolphe, cherchant à cacher ses larmes, sort précipitamment, * et Léonce , qui commande à peine à son émotion, est obligé, pour se soutenir, de chercher un appui. Absorbé par sa douleur, rien d'abord ne semble pouvoir l'en distraire; pourtant, au gtii vive? de la sentinelle, sa tête se soulève; il écoute avec une attention inquiète le bruit que fait un cheval qui s'éloigne; et quand le mot France 1 prononcé par une voix qui lui est chère, panient à son oreille, il recueille cette dernière parole comme un pressée consolateur : il la garde dans sa pensée comme une sainte et prophétique assurance.
nN DU PREMIER VOLLME.