SCÈNE IV
LÉONCE, seul. Il froisse avec colère la lettre de Mina,
L'insolent! croire que nous nous rendrons comme des lâches!.... Informons de ce nouvel incident le gouverneur de la Navarre. {Il se place
S20 LES mm MINA.
à vne table ^ et écrit à ta hâte quelques lignes.)
Si mon frère parvient jusqu'à lui, ce peu de mots
suffira ( Laissant échapper sa plume. ) Mon
frère !. . . cet enfant confié à mes soins, à ma tendresse, je vais donc l'exposer à la fureur de nos ennemis, le livrer sans déJfense à leur rage; et cela pour le préserver d'un avenir horrible, il est vrai, mais pourtant inconnu et incertain encore.... Si les insurgés venaient à changer de résolution , si quelque circonstance que je ne peux connaître les obligeait à renoncer à leur projet; j'aurais à me reprocher sa résolution funeste, j'aursôs à pleurer toute ma vie la faiblesse qui m'a fait approuver son dessein.... Affreuse perplexité! supplice mille fois cruel ! . . . . (// se lève en proie à la plus vive agitati(m.)Mms, non! non! c'est impossible: voilà la lettre de Mina ; on a vu s'approcher ses bandes implacables et sanguinaires; demain, quatre mille assassins nous entourent et nous pressent; demain, ces murs s'écixmlent sur nos têtes, et la mort, la mort seule va r^ner en ces lieux.