‹ Les deux noblesses: comédie en trois actesChapitre 20 sur 89 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ROCHE

Tu le savais?

MADAME ROCHE

Depuis quinze jours au moins.

Et tu ne m'en as rien dit?

MADAME ROCHE

J'attendais une occasion. Je la trouve aujourd'hui...

ROCHE

Oh ça, c'est trop fort ! Ma pauvre femme, tu es la bonté même, mais tu es bien extraordinaire!

&(AI>AME ROCHR.

En quoi?

UOCUF

C'est inutile de te l'expliquer, du moment que tu le ne sens pas.

MADAME ROCHE

J'ai cru bien faire en me taisant. Tu as tes travaux, la tête pleine à éclater. Tu tomberas malade un de ces jours, si tu continues.

ROCHE

Je me porte comme un charme.

MADAME ROCHE

Tu ne t'en aperçois pas, tu vieillis. Tu te voûtes,

ROCHE

Oui, c'est convenu. Je n'en al plus pour longtemps.

MADAME ROCHE

Oh! ne dis pas ça, même en riant.

ROCHE

Mais va donc. Dis ce que tu voulais dire.

MADAME ROCHE

Eh bien, quand je me suis aperçu qu'Henri aimait Suzanne, et qu'il en était aimé...

ROCHE

De mieux en mieux.

MADAME ROCHE

J'ai pensé : ou bien que tu serais favorable à ce mariage...

ROCHE, ayec fonce*

Moi ! Mais tu perds le jugement !

MADAME ROCHE

Ne t'emporte pas. Et alors, me disais-je, il n'y a pas d'inconvénient à lui tenir pour l'instant la chose secrète. Ou bien il se montrera contraire à ce mariage et alors il y aura des scènes entre lui et Henri, tout ça peut mal finir, il vaut mieux n'en parler que le plus tard possible.

ROCHE

En voilà un joli raisonnement! Enfin, tout n'est pas perdu. Ce mariage ne se fera pas.

MADAME ROCHE

C'est peut-être dommage. Madame Durieu avait eu, de son côté, la pensée d'unir ces deux enfants.

ROCHE

Madame Durieu est une femme que je vénère, mais elle

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