‹ Les deux noblesses: comédie en trois actesChapitre 21 sur 89 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

a deux manies, d'abord de faire des mariages, et puis surtout de se mêler de ce qui ne la regarde pas.

MADAME ROCHE

Cette Suzanne est charmante. Conviens-en?

ROCHE

J'en conviens. Mais il n'y a pas qu'elle sur la terre! Et puis, est-ce que le marquis consentirait jamais à ce que sa fille s'appelât madame Roche? Allons donc! Lui et moi nous avons, chacun à notre point de vue, d'excellentes raisons pour être opposés à cette union, quand ce ne serait que la première de toutes, la différence de milieu social. 11 est de la haute, lui ! Moi je suis un roturier.

MADAME ROCHE, ayec un regard d'une signification toute spéciale.

Jacques! Tu oublies que nous sommes seuls...

ROCHE

C'est vrai. Mais justement, tu sais mes idées et le programme de ma vie. Je n'y faillirai point.

MADAME ROCHE

Que vas-tu faire?

ROCHE

Je parlerai à Henri. Dès demain.

MADAME ROCHE

Prends garde ; il est si violent !

Sois tranquille, tout se passera très bien.

MADAME ROCHE

Et, dans cet entretien que tu auras avec Henri , profiteras-tu de l'occasion pour lui dire... tout?

ROCHE

Non... Cela... je crois qu'il faut encore attendre.

MADAME ROCHE

Voilà déjà longtemps que nous reculons.

ROCHE

Il sera toujours instruit assez tôt. Plus il sera mûr, mieux il comprendra, et mieux il me comprendra.

Il appuie sur le mot me, MADAME ROCHE.

Comme tu voudras. Je t'ai toujours écouté. Tu n'es pas fâché contre moi?

ROCHE

Mais non.

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