ACTE DEUXIEME
HENRI
C'est maigre quand on n'a que ça {
MADAME DURIEU
C'est quelque chose quand on ne l'a plus.
HENRI
En attendant, j'endure un supplice de tous les instants, à voir Suzanne chaque jour, à serrer sa main, à lui parler, par scrupule, de choses banales, sous les yeux de M. de Touringe qui ne me surveille même pas! Je suis non seulement malheureux, mais humilié. Cette indifférence hautaine du marquis aussi bien que la bonhomie tranquille de mon père, me semblent presque une moquerie, et je ne peux plus y tenir. Aussi j'étais venu, madame, vous prier de m'excuser pour aujourd'hui. Je ne veux plus me trouver en face de Suzanne, elle vient tout à l'heure à la séance, je n'y assisterai pas...
MADAME DURIEU
Comment, vous? notre secrétaire!
HENRI
Un autre me remplacera... Voici qu'on arrive déjà... Adieu, je vous assure que je suis très triste.
Il sort rapidement.