ACTE DEUXIÈME
Et ne jamais mourir.
MADAME DURIEU
Vous en demandez trop.
LA MARQUISE
Suzanne est tout l'opposé. Paris ne l'amuse pas. Rien ne l'amuse. A son âge! Pourquoi?
SUZANNE
Parce qu'il y a trop de choses qui m'intéressent.
LA MARQUISE
Allons donci L'autre jour, rue de la Paix, j'avais toutes les peines du monde à t'arrêter devant les diamants.
SUZANNE
C'est vrai. Et quand nous regardions toutes les deux une parure, c'était toujours vous qui en aviez envie.
LA MARQUISE
Oui. Jamais elle! Conçoit-on ça? Enfin! Et nous voilà de retour, nous avons repris notre collier. Eh bien, qu'est-ce qu'on attend pour commencer?
MADAME DURIEU
Notre monde, qui ne se presse pas de venir. Je vous rends cette jutice que vous êtes toujours la première.
LA MARQUISE
Il le faut. La charité. Dès qu'il s'agit du pauvre, j'accours. Qui avons-nous?
Le docteur, madame Lebourg, la femme du nouveau commandant; elle a demandé à faire partie de l'œuvre.
LA MARQUISE
Est-elle dans nos eaux?
MADAME DURIEU
Elle est très bien.
LA MARQUISE
Je ne la connais pas. C'est pendant que nous étions à Paris qu'elle est venue nous déposer sa cai^te. Mais, a-t-elle déjà le droit d'être membre? D'après les statuts, je ne crois pas. Voyons les statuts.
SUZANNE
Inutile, ma mère. Je les sais par cœur. La commandante peut être membre à titre temporaire. Elle a le droit d'assister aux réunions et de prendre part aux débats.
LA MARQUISE
Mais elle ne vote pas?
SUZANNE
Non.
LA MARQUISE
Ah ! je savais bien. Je suis très sévère sur ce chapitre. Il faut respecter les statuts, ou sans ça, ne pas se mêler de faire la charité. Et qui encore?
MADAME DURIEU
Madame Roche, tout le monde comme à l'ordinaire, excepté M. Henri.