‹ Les deux noblesses: comédie en trois actesChapitre 41 sur 89 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Les Mêmes, DES MOULINARDS, MADAME ROCHE, La Commandante.

des MOULINARDS.

Il faut taper dessus comme sur des chiens. Moi, je ne connais que ça !

MADAME DURIEU

Monsieur des Moulinards.

LA MARQUISE

Toujours conciliant et modéré.

DES MOULINARDS.

Je ne démordrai pas de mon système qui est la poigne. Le gourdin et la trique, voilà mes armes.

LA MARQUISE

C'est ce qu'on appelle des armes courtoises l

DES MOULINARDS.

Mon Dieu, madame, une arme est une arme, c'est fait pour porter des coups; par conséquent, ça n'a pas besoin d'être gracieux et agréable. Je sais que, moi, je passe pour un brutal et un butor. Ça ne me fait ni chaud ni froid.

LA MARQUISE

Tant pis.

DES MOULINARDS.

Et si tout le monde pensait et agissait comme moi, les choses iraient autrement dans notre chère France ; il y a belle heure que la monarchie serait restaurée, et qu'on aurait bâillonné la gueuse à coups de fourche.

LA MARQUISE

Bâillonner un régime à coups de fourche!... l'image est aussi heureuse que hardie...

SUZANNE, arec ironie.

Qu'importe, elle est oratoire.

DES MOULINARDS.

Ohl si les jeunes filles s'y mettent aussi, je me tais, je ne serais plus de force.

SUZANNE

Vous êtes modeste. Mais sur qui donc parliez-vous à l'instant de taper comme sur des chiens ?

MADAME ROCHE

Sur nos ouvriers.

Pauvres gens!

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