‹ Les deux noblesses: comédie en trois actesChapitre 44 sur 89 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

SUZANNE

Oui.

MADAME DURIEU

Maintenant, que chacun signale ses misères.

LA MARQUISE

En première ligne, je demande qu'on fasse le possible pour la femme Toupance.

MADAME DURIEU

Ohl cela! des deux mains.

LA COMMANDANTE

Qui est cette femme? Je suis toute nouvelle encore dans le pays...

SUZANNE

La femme Toupance, madame, est digne du plus grand kitérôt. C'est elle qui habite cette petite maison blanche, au bas de la route, avant Marteau le tonnelier.

LA COMMANDANTE

Je vois. Où il y a une treille?

LA MARQUISE

Oui. C'est charmant sa petite maison! Et propre! Et gail Oh! mon Dieu! j'y vivrais, moi!

SUZANNE

Elle a perdu ses cinq filles.

LA COMMANDANTE

Cinq!

LA MARQUISE, à la commandante.

N'est-ce pas? Ces gens-là, aussi, ne sont guère raisonnables !

SUZANNE

Ensuite son mari est mort.

LA MARQUISE

Il n'était que temps! la malheureuse!

SUZANNE

Et depuis son veuvage elle est devenue aveugle, incapable de travailler.

LA COMMANDANTE

Est-ce qu'on ne peut pas la soigner? Consulter un médecin de Pans?

BRIÇAY.

Je m'en suis occupé. Il n'y a rien à faire. C'est incurable. Et notez qu'en outre elle est affligée d'un grand fils.

LA COMMANDANTE

Elle a eu aussi un fils?

MADAME ROCHE

Le seul do ses enfants Iqu'elle ait conservé. Il a aujourd'hui vingt-lrois ans.

DES MOULINARDS.

Eh bien! il ne peut donc pas aider sa mère, ce galapiat?

MADAME DURIEU

Non. Il est en Algérie,

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