ACTE DEUXIÈME
Vous pleurez ? Comme vous êtes bonne !
MADAME DURIEU
Non, ce n'est pas ça. Vous m'aimez un peu ?
SUZANNE
Oh madame 1 De toutes mes forces.
MADAME DURIEU
Moi je vous aime bien aussi. Oui. Qu'est-ce que je disais? La tête...
EUe fait signe qu'elle a un yertige.
SUZANNE
Remettez -VOUS.
MADAME DURIEU
Écoutez-moi. Je n'ai jamais dit cela à personne... je ne sais pas pourquoi je vous le dis à vous. Mais c'est plus fort... il faut. Je ne suis plus jeune... enfin c'est un besoin, une douceur... de me confier à quelqu'un avant de mourir... Moi aussi, j'ai eu un fils, ma chère enfant, un grand fils.
SUZANNE
Ah! oui... Et, vous l'avez perdu?
MADAME DURIEU, avec force.
J'ai la conviction que non !
SUZANNE
Il n'est pas mort? Il vit?
MADAME DURIEU
Ah!... je ne sais pas. Quoi? comment? Où?... Je ne sais rien, rien.
SUZANNE
Mais...
MADAME DURIBU.
Ne cherchez pas. Plus tard, je vous dirai. Seulement, vous vous rendez compte?... Chaque fois que j'entends parler d'une mère dont l'enfant est mort au loin... tout seul... je... Donnez-moi à boire.
Suzanne lui verse de Peau dans un Terre et lui donne. Elle boit JEANNE, reparaissant.
M. Moret est là,
SUZANNE, à Jeanne.
Une seconde! (Jeanne sort. A Madame Dorieu.) Il ne faut pas le recevoir.
MADAME DURIEU
Je lui ai promis.
SUZANNE
Alors je reste avec vous. Dans l'état où vous êtes, je ne vous laisserai pas seule avec cet homme. On le dit méchant. Qu'est-ce qu'il vous veut?
MADAME DURIEU
C'est bien clair. M. Roche l'a renvoyé, il vient me demander un secours. Votre présence le gênerait. Soyez sans crainte, chère enfant, et oubliez ce que je vous ai dit. J'ai eu un moment de faiblesse, à présent c'est passé. A bientôt, et comptez toujours sur votre vieille amie... en tout. Je verrai encore votre père, je verrai M. Roche. Courage, (suanne
sort par la gauche. Jeanne se montre à droite, demandant de loin si elle peut introduire Moret.) Qu'il CntrC.