SCÈNE XV MADAME DURIEU, MORET
MADAME DURIEU
Vous avez demandé à me voir ?
MORET
Oui, madame. Peut-être ne me connaissez-vous pas ?
MADAME DURIEU
Si. Je sais qui vous êtes. Que désirez-vous?
MORET
Rentrer chez M. Roche.
MADAME DURIEU
Mais... ne vous a-t-il pas signifié un congé définitif?
MORET
Justement, je désire qu'il revienne sur sa décision.
MADAME DURIEU
A dire vrai, je ne le crois guère disposé à vous pardonner.
MORET
Qu'il ne me pardonne pas I pourvu qu'il me reprenne I
Et vous n'avez pas l'air, vous-même, très repentant.
MORET
Je vois que nous ne nous entendons pas. Avec vous je me dispenserai de mentir, et pour cause ! Je ne suis pas un écolier qui a été méchant et qui vient pleurnicher en promettant qu'il ne le fera plus. Ça n'est pas dans mes cordes ! Non, je veux reprendre mon service à l'usine parce que j'y ai intérêt, pour l'avenir, pour le succès des choses qui se préparent! et parce qu'il le faut! Mais rien n'a changé dans ma tète, ni dans mon cœur, et, jusqu'à la fin, je resterai fidèle aux idées !
MADAME DURIEU
Gomment! vous, qu'on dit si intelligent ! vous persistez...
MORET
Je persiste.
MADAME DURIEU
Vous aviez raison ; nous ne nous entendons pas. Restonsen là.
Elle s'appréle à se leTer.
MORET, neiteiMiiU
Vous m'entendrez, pourtant I
MADAME DURIEU
Non. Pas dans ces conditions. M. Roche est un ami pour qui j'ai une vraie affection, qu'il me rend...
Je le sais ! Et c'est précisément à cause de cela que j'ai compté sur vous, pour obtenir de lui ma rentrée.
MADAME DURIEU
Sur moi ?