ACTE TROISIÈME
UN DES OUVRIERS, à Moret.
Va, loi! puisqu'il permet.
UN AUTRE OUVRIER, à Moret, même jeu.
Parle.
' Mes amis, vous Tavez entendu? U est le maître, il est le plus fort, il ne veut pas de moU^Ne vous embarrassez donc plus de votre Moret.
UN OUVRIER
Allons donc!
MORET
saura bien se retourner tout seul.
UN AUTRE
On ne te lâchera point !
UN AUTRE
Tu rentreras.
UN AUTRE
Ou nous continuerons la grèvej
MORET
Merci. Mais vousl C'est pour vous que je reçois des coups et que je lutte. C'est vous que je veux défendre, (a Roche.) Comment, sur cette malheureuse question de trois centimes, voilà que vous lésinez? Monsieur marchande! Ah! vous le savez bien que ce sont de pauvres gens, des honteux, des timides... il n'y a qu'à les voir, tout saisis, à la seule idée de se trouver en face de vous, dans votre cabinet! EtQous voudriez abuser de leur émotion? Mais, pas de ça! Je suis là, moi, et j'ai une langue pour eux... j
HENRI, qoi a peine à se contenir»
Mais, mon père...
Laisse-le aller.
ROCHE
MORET
Oui, je sais bien, ça vous est égal? Vous pensez : parle, mon bonhomme, dégoise les machines cent mille fois ressassées depuis que le monde pâtit... faudra bien que tu t'arrêtes à un moment et ça ne changera rien au programme : mes ouvriers retourneront me chercher du pétrole et moi je continuerai à me faire du bon sang avec mes millions ! (aux ouvriers.) Car il a des millions! (a Roche.) Combien en avezvous? Je parie que vous n'oseriez pas le dire?
ROCHE
J'en ai vingt!
MORET, triomphant.
Vingt millions 1
UN OUVRIER
Bougre!
UN AUTRE
C'est chouette!
UN AUTRE
Y a pas! Pour arriver à ça... faut tout de même être capable!
MORET, aux ouTriers.
Et voilà tout l'efifetque ça vous produit? Comprenez-donc? 11 a vingt millions, et il vous chipote un centime!