ACTE TROISIÈME
LA PRINCESSE, avec fierté.
Très bien. C'est le dernier conseil que je lui aie donné.
LE MARQUIS
Je ne savais pas tout cela.
ROCHE
Ni moi.
LA PRINCESSE
Personne ne Ta su. (a Roche.) La duchesse de Talais, votre grand'mère, dans une touchante pensée d'orgueil pour la race, vous a laissé ignorer ce drame, et certes moi-même en venant, il y a quinze ans, chercher l'oubli dans ce pays où j'ai passé les premières années de mon enfance, je ne pensais pas y retrouver, à la veille de ma mort, le fils qu'on m'avait enlevé, que je croyais perdu!... Dieu en a décidé autrement. Pendant que j'étais forcée, par l'éclat des scandales passés, de cacher mon nom, vous, obéissant, je le devine, à une pensée aussi noble que hardie, vous abdiquiez vos titres afin d'acquérir et de laisser à vos enfants une gloire qui leur fût un peu plus personnelle que celle des aïeux.
ROCHE
Oui, rêve insensé ! Besogne inutile et qui n'aura servi à rien!
LA PRINCESSE
Qu'à faire de toi un homme... et qu'à te rendre une mère?... Crois-moi, c'est quelque chose, (ii se met à genoux et lui prend les mains.) Et .Cela aura sorvi aussi au bonheur de ces deux enfants. Je le veux, (a Roche.) C'est la première faveur que je te demande, (a louringe.) C'est probablement la dernière.
LE MARQUIS
Soit. (Monirant sa flue.) Mais Comment va-t-elle s'appeler ?
HENRI
La princesse d'Aurec !
SUZANNE, à Henri.
Non, mon ami. Je ne m'appellerai que madame Roche, du nom, illustre aussi, qu*a su vous tailler votre père.
LA PRINCESSE
L'avenir de larislocratie est là, mes amis, dans la fusion
des deux noblesses, (a louring.», en lul tendant la main.) La VÔtrO,
Touringe, celle des temps passés, celle d'hier, (a Roche, en le prenant dans ses bras.) La tienne, clicr enfant, celle des temps nouveaux, celle de demain.
FIIN
IMPR'SIERIli ClIAIX, RUE BERGÈRE, 20, PARIS. - 1348-1 97. — ^ncw Lorffleu).