‹ Les deux PhilibertChapitre 38 sur 82 · ACTE II , SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II , SCENE IV

JOSEPH , à part.

C'est un gaillard.

PHILIBERT cadet, en posant $072 ferre sur la table, et regardant Marianne Voilà une jeune servante qui a un air bien éveillé.

JOSEPH j passant entre Marianne et la table.

Il est peut-être trop gaillard.

MADAME DEPvVIGNY, tirant à part Pastoureau, pendant que riiilibert cadet hait, mange , et regarde Marianne.

M. Pastoureau , vous avez causé avec lui pendant la roule ?

DUPARC

Comment avez-vous trouvé sa conversation?

PASTOUREAU

Très-amusante, très-inléressante ; je lui crois une vraie sensibilité, du goût. Il s'est récrié d'admiration sur ma dernière romance, que je lui ai cbantée; vous savez: Sombres bosquets. Il raisonne sur tous les jeux, et particulièrement sur le billard, en vrai connaisseur. {^Haut. ) A propos de billard, quand tout votre monde sera venu, il faudra jouer à la poule. M. Philibert, je voudrais bien éprouver votre talent.

PHILIBERT cadet , se levant et parlant la bouche plein».

Je suis à vos ordres , M. Pastoureau.

DUPARC

Comment , vous allez au billard !

Un second verre de vin , et me voilà.

JOSEPH, à part.

C'est le troisième.

11 va se griser.

MARIANNE , à part.

PHILIBERT cadet.

C'est pour commencer à donner mon coup d'oeil admirateur à votre maison. M. Pastoureau m'a dit que vous

4g LES DEUX PHILÎBEKT,

aviez une salle tle billard ornée avec une élégance ! et url billard d'une justesse!

MADAME DER VIGNY

Si nous faisions de la musique; ma petite-fille a une nouvelle romance.

PHILIBERT cadet.

Ah ! la romance ! genre délicieux. Vous savez combien il me plait , M. Pastoureau Faites de la musique. Qiuuit à nous, partie, revanche et l'honneur, et nous revenons entendre Mademoiselle.

DUPARC

Nous pourrions nous promener.

PHILIBERT cadet.

Il fait si chaud ! nous avons le temps. Votre jardin est sans doute charmant; mais ils se ressemblent tous. Jl y a dans le vôtre des arbustes, une chaumière, des rochers, peut-être vm pont chinois pour joindre deux buttes qu'on appelle des montagnes. Y a-t-il de l'eau sous votre pont?

DUPARC

Une rivière.

PHiLiBEPvT cadet.

Je vous en fais mon compliment.

DUPAP.C.

Mais permettez

PHILIBERT cadet.

On vient àla campagne, c'est pour se divertir; tous avez un billard, c'est pour qu'on y joue. Conduisez-moi , M. Pastoureau. [y4 Duparc. ) Eh! mais, quand j'y pense, j'ai à vous parler d'affaires, M. Duparc. Nous nous reverrons, nous causerons ; il me tarde de vous ouvrir mon ame. ( A part. ) Cette petite servante... i^Haut. ) J'aime la joie ; cela ne m'empêche pas, quand il le faut, d'être grave, sensible, sur-tout. {^Jetant sa aerviette sur une chaise.^ Me voilà en état d'attendre le dîner. Allons jouer au bUlard. ( // sort. )

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