ACTE II , SCENE IV
PASTOUREAU
Or ça , mon cher cousin , il y a loin d'ici à l'!ieure du tlîner.
PHILIBERT cadet.
C'est ce que je disais au cousin pendant la roule. Ea petite promenade que je lui ai tait faire dans le bois de Yinceniies nous a donné de l'appétit. Ne vous dérangez pas j M. Pastoureau va me conduire à la salle à manger.
DUPARC
Eh non , c'est inutile. Marianne ! Joseph ! faites servir quelque chose à ces messieurs, ici dans ce salon.
PIIII-IBERT cadet, à Marianne.
Ah! mon dieu! mademoiselle, presque rien, un pâfc , une volaille froide. A la campagne on ne fait pas de façons.
( Marianne et Joseph sortent et rentrant prfsqu'aussitôt , portant un di'jeûter qu'ils servent sur une petite tabla ronda.
PHILIBERT cadet.
Une très-belle maison que vous avez là , M. Duparc! je m'en accommoderais bien ! c'est coninie un château. Ab ! quand donc aurai-je, à mon tour, quelque bonne petite propriété ?
DUPARC
C'était une masure lorsque je l'ai achetée ; j'y al dépensé beaucoup d'argent. C'est moi qui ai dessiné le jardin. Vouà verrez.
PHILIBERT cadet.
Ah ! oui , suivant l'usage de tous les propriétaires , vous brûlez de me faire admirer . . . Eh bien! M. Duparc, je suis votre homme , j'admirerai tout ce que vous voulez que j'admire. Mais j'aperçois le déjeuner ; mettons-nous à l'œuvre.
PVSTOUREAU.
Je ne prendrai presque rien.
PHILIBERT cadet.
C'est comme moi.
PASTOUREAU
Je ne m'assieds pas.
PHILIBERT cadet.
Moi, j'ai l'habitude de manger assis.
( // s'assied et se sert. )
DUPARC j à Madame Dervigny.
Il se met à son aise.
MADAME DERVIGNY, à Duparc.
Les jeunes gens se donnent quelquefois un air d'aisance pour cacher leur timidité.
MARIANNE, à Sophie.
Ce n'est pas votre jeune homme; mais il annonce un joyeux caractère.
SOPHIE , à Marianne.
Ah ! Marianne , quelle difTérence !
PHILIBERT cadet, tendant son verre à Joseph.
Versez , mon cher ami. ( // attend que son verre soit plein. ) Là , voilà ce que c'est.
JOSEPH , à part.
Tiens , il ne hausse pas.
PHILIBERT cadet, se levant pour boire à la santé de Duparc^ de madame Dervigny et de Sophie.
Monsieur, Madame et Mademoiselle, permettez-moi
DUPARC ^ s' inclinant.
Monsieur.... ( A madame Dervlgny. ) Il a peu d'usage.
MADAME DERVIGNY, à Duparc.
C'est de la franchise, de la cordialité.
PHILIBERT cadet , après avoir goûté le vin.
Excellent vin! Etre ainsi propriétaire d'une jolie maison .
d'une bonne cave, et père d'une demoiselle Vous êtes
un heureux mortel, M. Duparc. ( /^ hoit. )
MARIANNE, regardant boire Philibert cadet. Comme il boit!