‹ Les deux PhilibertChapitre 53 sur 82 · ACTE II , SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

ACTE II , SCÈNE XIV

campagne [A part.) Je sens que je m'embrouille.

(Haut. ) Faut-il m'en vouloir pour une plaisanterie?

DUPARC

Est-ce aussi une plaisanterie que votre conduite avec M. Derlac?

PHILIBERT cadet.

Derlac le gros commissaire des guerres ?

DUPARC

11 vient de me la raconter.

PHILIBERT cadet.

11 est ici ! ( A part. ) Encore un malheur ; je ne puis aller nulle part sans trouver un créancier. ( liant. ) Eh bien ! Derlac ! je serai enchanté de le voir : c'est mon ami ; je l'ai connu quand j'étais dans les vivres. Est-ce qu'il vous aurait dit du mal de moi? C'est singulier. Ah ! je vois ce que c'est. Tenez, il faut vous méfier de lui. Voici le fait. Il m'en veut parce qu'entre nous, sa petite femme est fort jolie, et ma foi...

DUPARC

Eli ! mais, l'excuse est encore pire que la chose.

Eh ! non , paixe que ses soupçons n'avaient pas le sens commun j il y avait encore plus de jalou-sie de la part du mari, que de coquetterie de la part de la femme.

MADAME DERVIGNY

Madame Derlac est une femme respectable.

PHILIBERT cadet.

Aussi , loin de contester ses vertus , je veux que le diable m'emporte. . . .

MADAME DERVIGNY

Plaît-il , monsieur?

PHILIBERT cadet.

T'^h! non, je neveux pas quele diable m'emporte. ( 4 part.) Morbleu ! je m'échappe toujours.

MADAME DERVIGNY, à part:

Ah! quel mauvais ton!

DUPARC

Eh! monsieur, il ne s'agit ni de la coquetterie delà feniuie j ni de la jaiousie du aiari.

PHILIBERT cadet.

Qu'est-ce donc alors? Derlac se serait-il permis de parler de luoi d'une manière offensaute ? Je ne suis pas homme à le souffrir. Je vais le trouver.

DUPARC

Eh ! quoi ? une scène , une querelle chez moi !

Vous avez raison , point de scène; et même par égard pour vous , je. vous promets de lui faire houne mine j d'ailleurs il m'en veut, moi je ne lui en veux pas. Il vous aura peut-être dit que je lui dois de l'argent; c'est possible ; nous avons quelques petits comptes ensemble. Eli! mon dieu! qu'il vienne me voir, si c'est moi qui lui dois , je le paierai , je le paierai sur le champ; si c'est lui qui me doit, je lui donnerai tout le temps, toutes les facilités qu'il me demandera. N'esl-ce pas parler et agir en honnête homme? Pour en revenir à mon espièglerie avec votre femme de chambre : eh bien ! oui, je suis coupable, très-coupàble ; je m'accuse , je me repens. {J part.) C'est cela, les grands moyens; il faut les étourdir, [ffaui.) Mais î'indulgeuce est xmè si belle verîu! Vous avez trop de bonté , trop de grandeur d'ame, pour ne pas pardonner un njoment d'erieur .. Ainsi donc , voilà tous les petits nuages dissipés entre nous , et je peux me livrer sans contrainte aux plaisii's de la fêle.

DUPARC, à madame Bervigny.

Allons , définitivement , c'est un bouffon ou un fou. PHILIBERT cadet.

Qu'est-ce, madame Dervigny? Je vois encore du sombre sur votre plivslonomie; est-ce que vous douteriez de la sincérité de mes seutlmens ?

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