SCENE PREMIERE
PHlLIBEPiï CADET,- seul, les mains derrière le dos , fredonnant un air entre ses dents.
Je me suis bien promené à la foire. Pour un petit entlroit comme celui-ci , elle est très-belle. J'en ai vu toutes les curiosités , et me voilà reveau à la grille de la maison de M. Duparc. C'est un affront qu'ils m'ont fait là , pourtant -, il faut que je sois aussi bon enfant que je le suis , pour ne pas leur en demander raison. Ils sont à table, je croij. Eli bien, je ne regrette pas leur dîuer; il aurait fallu peser mes paroles. Le bon ton! le bon ton ne vaut pas la gaieté. ( ii'ra riant.) Parlez-moi de la mauvaise société, c'est là qu'on s'amuse. Cette bonne grand maman , qui me jetait pour ainsi dire sa petite-fille à la tête Tout est manqué j je ne m'en pendrai pas. S'il est vrai cependant que la jeune personne
m'aime Des ])arens, contrarier ainsi l'inclination de leur
enfant! C'est bien mal. Quant à moi, d'abord est-ce un si bon parti? Il y a beaucoup de gens qui brillent, et qui n'en sont que moins riches. Et pu\^, suis-je né pour me claquemurer dans un ménage avec une femme et un troupeau d'enfans? Et d'ailleurs ne serait-ce pas faire tort à moa frère? C'est lui qui doit se luarier; moi, je dois faire fortuue pour laisser tout à lui et à sa famille. Oui, c'est un devoir; par amitié , par reconnaissance pour mon frère, il faut que je me range, que je travaille. Plus de femmes , plus d'excès de table , plus de jeu. ( // se trorwc près du café , et il lit:) ICI ON JOUE AU noble jeu de billard. Comme les progrès de la civilisation ont répandu par-tout les beaux-