ACTE 111 , SCEiSE VI
que M. Pastoureau. ( apercevant Pliilihért aîné. ) Eh! mais je ne ine trompe pas ; c'est mon frère que j'aperçois. [Appelant. ) Philibert! Philibert! mou frère, mou ami !
PHILIBERT aîné , levant la tcte.
Que vois-je ? mon frère !
l'IIlLIBERT cadet, reprenant son verre de li-iueur.
Attends, attends-moi, je descends j j'ai furieusement de choses à te dire. [Il se hâte de boire son verra de liqueur et quitte le balcon, j
PHILIBERT aîné.
Mon frère! mon frère ici ! Par quel Iiasard? qu'y vient-il faire? Il m'arrive rarement de le rencontrer sans qu'il m'en survienne quelque malheur.
PHILIBERT cadet j entrant en scène sans chapeau , et sa queue de billard à la main.
Que lu viens à propos! que je suis aise de te voir! Embrassous-nous , mon cher frère. ( // embrasse son frère et lui serre la main avec tendresse. ) C'est mou Uvn ange qui t'envoie ici. Il faut que je te demande ton avis sur une affaire.... 5 parce que toi qui es d'un si bon conseil, sur-tout pour ce qui touche au point d'honneur.... II m'est arrivé dans ce pays une aventure.... qui commençait à merveille, qui ne finit pas si bien.... Tu es compromis , nous sommes comp*'omiSj la famille est compromise, et c'est pour toi que j'en souffre ; car à moi , qu'est-ce que cela me fait? Mais mon frère qui lient à la considération , et qui la mérite....
PHILIBERT aîné.
Mais enfin m'expliqueras-tu.'...
PHILIBERT cadet.
Viens ; tu es un honnête homme , tu es connu pour tel , on te croira-, viens leur dire, je t'en prie, que je suis un honnête homme aussi, moi 5 c'est-à-dire un bon enfant qui a lait et qui fera encore bien des élourderies , mais incapable d'une action....
8o LES DEUX PHILIBERT.
PHILIBERT aîné.
Quelle action ? Qu'as-tu fait ? encore quelque exlrav..gance.
PHILIBERT cadet.
IN^on. Sur mon aine, tu ne le serais pas mieux conduit. Ih m'ont comblé de politesse ; mol, j'y ai répondu d'abondance de cœur; et tout d'un coup, paice que je suis aimable, parce que je suis gai, ils changent de manit'res .ncc moi, et... il faut bien que je te l'avoue, ils me prieiU de sortir de la maison.
PHILIBERT aine.
Tues obscur et confus dans tes discours; mais je tremble de trop bien deviner,
PHILIBERT cadet.
Comment? lu n'entends pas qu'ils m'ont invité, amené à leur maison de campagne; qu'ils ont voulu que j'eusse des talens, que je susse dessiner, faire des vers et de la musique, et qu'ensuite, ils m'ont dit qu'il y avait erreur dans l'invitation?
PHILIBERT aîné.
Ah ! grand dieu ! Est-ce de cette maison, de chez M. Duparc qu'on t'a congédié ?
PHILIBERT cadet.
Précisément. Tu es indigné d'un pareil procédé, et moi aussi; mais il ne faut pas que cela te consterne : nous en sortirons à notre honneur.
PHILIBERT aîué.
Oh ! bien, maintenant, tout est éclairci.
PHILIBERT cadet. -;
Mon boa frère , si tu savais combien je suis touché du chagrin que te cause mon malheur ! mais ne te désole donc pas pour une chose dont je suis tout consolé; parlons de toi. Où en es-tu de ce boiiheur que tu m'as si joyeusement annoncé ce matin?