ACTE r , SCENE IV
COMTOIS
lEt il n'a pas de connaissances parmi les dames qui vont ■souper à ralléc des Veuves.
LE TRAITEUR
Eli ! parbleu , voici voire carie.
COMTOIS
Vous rcvez
LE TRAITEUR
Et votre adresse de la rue des Trois Frères , écrite au bas , de votre main.
PHILIBERT aine , prenant le billet que lui présente le Traiteur. Mon adresse !
LE TR.VITEUR.
jNiercz-vcus voire écrilure?
PIIILIEERT aîné, Àh ! mon dieu ! c'est de la main de mon frère.
COMTOIS
Là , encore un de ses tours.
LE TRAITEUR
EIi bien , Messieurs?
COMTOIS
Eli bien , mon cher ami : tiichez de trouver celui qui a écrit cette adresse. Ce n'est pas mon mailre.
LE TRAITEUR
Là , encore un repas de perdu.
COMTOIS
Sachez qu'il y a deux Philibert -, Monsieur , qu'on appelle l'homme de mérile, et sou frère connu sous le nom du mauvais sujet.
PHILIBERT aîné.
Tais-loi donc.
3 LES DEUX PHIIJBEB.T ,
COMTOIS
Laissez donc , Monsieur ; il faut bien dire la rérité. Je ne ui'étoune pas que le frère de Monsieur ait élé souper chez vous avfc des amis et des dames. Dieu sait quelles dames ! Je ne m'étonne pas qu'il ait donné notre adresse ; mais j'espère que Monsieur se lassera de payer ses créanciers , et qu'il va commencer par vous.
LE TRAITEUR
Permettez ; que Monsieur cesse de payer les dettes de son frère , il fera fort bien j mais après avoir acquitté le petil souper d'hier. C'est une bagatelle. Encore celle-là ,
Monsieur. Vous êtes trop juste , trop bon frère
D'ailleui's , je ne connais que Monsieur ; c'est l'adresse de Monsieur qu'on a donnée à ma femme ; Monsieur se nomme Philibert. C'est donc Monsieur que j'attaque , en lui laissant , bien entendu , son recours contre son frère.
COMTOIS
Nous ne vous craignons pas, et nous ne vous paierons pas.
LE TRAITEUR
C'est ce qu'il faudra voir.
PHILIBERT aîné.
Allons , pour mon entrée dans mon nouveau logement, du bruit , un scandale. Finissons. C'est cinquante-trois francs qui vous sont dus.
COMTOIS
Eh quoi ! vous voudriez encore?.,..
PHILIBERT aîné.
Paix. En voilà cinquante-cinq.
COMTOIS
C'est bien dur. Payer un souper qu'on n'a pas mangé !
LE TRAITEUR
Monsieur laisse, sans doute , le reste pour les garçons.
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