I. — L'Heure des Ténèbres
Le Mal avait vaincu, le Juste était tué.
Et dans ce gouffre noir, bas et prostitué,
des voix disaient : « C'est bien, l'héroïsme
s'enfuit chassé par les ténèbres du sophisme.
L'espoir est mort et les Christs sont cloués :
que le Veau d'Or et le Bœuf Gras en soient loués I... »
Et l'accent langoureux des flûtes de luxure se mêlait à ces voix, plus ivres à mesure
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que sur l'ardeur de la Ville d'Enfer
la nuit des sens montait comme une mer
noyant le monde entier sous sa morne furie.
La foi semblait tarie,
le règne était venu des Disciples du Mal.
Et dans ce gouffre infernal
où serpente le mensonge,
à l'heure où la ténèbre effrayante s'allonge
dans les carrefours où sautent les nains,
Satan, Père premier de Tombre et des venins,
sur la flûte de la haine
rythmait les espoirs dont sa chair est pleine,
exaltait les instincts,
chantait les plaisirs clandestins,
et50us les accords de son âme en délire,
entraînait, mystérieux,
la danse des satyres
dans la nuit des faux-dieux.