ACTE PREMIER
LE ROI
Quant à t’abbé, j’espère,
I! m’absoudra: Pour lui, j’apporte du saint lieu,
Une côte et deux dents de l’apôtre Matthieu.
NE VERS
Du saint-père craignez le courroux et l’empire.
Car enGn Ingeburge est votre femme, sire :
L’union est conclue.
Eh bien, je la romprai 1...
Elle est ma femme? Eh bien, je la répudierai!
Les annales des rois ne sont-elles pas pleines De ruptures d’hymen, et de renvois de reines? N’avons-nous donc pas vu vingt fois la papauté,
Pour maléfice, charme, impudeur, parenté, ,
Rompre un lien béni, comme un lien coupable?
Il ne faut que trouver quelque cause semblable.
Je la trouverai!...
Regardant Nevers.
Non!... toi! tu la trouveras!
Je te connais, Nevers : tu gravis pas à pas Le rude et long sentier de la faveur royale!
Or donc, écoute bien ce mot, âme loyale!
Celui qui m’aiderait à dégager ma foi,
Deviendrait dans l’État le premier... après moi!...
Geste de Nevers.
Il suffit! à genoux tous deux! la porte sainte S’ouvre, et l'évêque en sort pour bénir cette enceinte!
11 se met è genoux.
N EVE R S, s'agenouillant, à part.
Mon axiome monte au rang des vérités :
On obtient tout des rois quand ils sont agités!