ACTE PREMIER
Dans les miens ! Chaque pas, chaque jour, entre nou- Créait quelque entretien plus intime et plus doux!
Ah ! que de fois, les jours de longue chevauchée,
Quand les mulets, recrus et la tète penchée,
Demeurant en arrière avec les lourds charrois,
Nous laissaient tous deux seuls, en avant! que de fois,
Aux doux tomber du jour, alors qu’on voit, ce semble,
Les âmes et les fleurs s’épanouir ensemble,
Je vis, moi, ce cœur pur s’ouvrir devant mes yeux Comme l’étoile d’or qui se levait aux cieux !
Elle me racontait, les regards pleins de larmes.
Ses premières douleurs, ses dernières alarmes,
Sa mère à sa tendresse enlevée en un jour.
Sa jeunesse isolée au milieu de la cour;
Et, tous ces souvenirs jetant sur son visage Un voile de langueur 1 ... si charmant au jeune âge,
Comme elle était touchante en peignant son effroi De se voir à seize ans l’épouse d’un grand roi!
Avec quelle naïve et douce gaucherie,
Faisait-elle sur lui tomber la causerie!...
Et, quand je racontais ses exploits, car jamais,
Jamais je n’ai trahi!... comme soudain ses traits S’inondaient d’un bonheur, s’éclairaient d’une flamme... Dont la vue enchantait... et torturait mon âme!
Tant de ce chaste amour le pur rayonnement D’un éclat inconnu parait ce front charmant!...
Et tant je m’enivrais de sa beauté nouvelle...
Hélas! en maudissant ce qui la rendait belle!...
Je te fais pitié!...
NE V ERS
Non! je t’écoute!