‹ Les deux reines de FranceChapitre 28 sur 92 · CHOEUR DE JEUNES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

CHOEUR DE JEUNES FRANÇAISES

Elles tiennent le manteau français et s'adressent aux jeunes Danoises.

Que votre amitié nous conseille!

Apprenez-nous,

Mes sœurs, quels mots à son oreille,

Sont les plus doux !

Nous n’osons la parer nous-mêmes.

Venez ici,

Joindre à nos mains vos mains qu’elle aime,

Vos cœurs aussi.

Qu’en nous voyant toutes ensemble A ses genoux.

Elle sourie, et qu’il lui semble Que nous, c’est vous !

Que c’est la même âme attendrie Les mêmes vœux,

Qu’elle ne perd pas sa patrie,

Qu’elle en a deux ! -

ING lî BU RG E.

Assez, de grâce! assez! Doux et cruel moment!

Mélange de bonheur et de déchirement,

Où mon cœur partagé ne sait ce qu’il éprouve Entre tout ce qu’il perd et tout ce qu’il retrouve !

Pondant la chœur, les jeunes filles ont mis A Inffeburge son diadème et le manteau royal.

LE CARDINAL

Ma fille, c’est l’instant des adieux; car je voi S’avancer jusqu’à nous le cortège du roi.

IXGEBURGE, aux jeunes Danoises.

Il le faut donc! allons! adieu, chères compagnes!

Vous allez retourner dans ces douces campagnes Où revivront pour vous nos beaux jours révolus.

Et que, sans doute, moi, je ne reverrai plus!

Dites bien à ces lieux, dites au roi, mon frère...

Tout ce que vous lisez dans mes yeux ! et ma mère !... Allez à la chapelle où repose son corps...

Car l’exil nous sépare, hélas! même des morts I Que, grâce à vous, l’écho de ma voix triste et. tendre Aille du moins porter mes adieux à sa cendre!

Vous me remplacerez près de ma jeune sœur,

N’est-ce pas? et pour elle... oh! que de fois mon cœur, S’envolant sur vos pas et franchissant l’espace.

Sous le toit paternel ira chercher la trace,

De nos jeux, de nos chants, de nos pleurs d’autrefois Et mêler doucement ma voix à votre voix!

LANDRESSE, A hnuto voix.

Le roi !

INGEBURGE, à ses compagnes.

Partez! Adieu, mes sœurs! et qu’en votre âme Vive mon souvenir !

Les jeunes filles finnoises s’éloignent; le roi entre.

Page 1