ACTE QUATRIÈME
Qu’il ne me reste plus, las ! pour me réformer,
Que le grand saint Ovide et son bel Art d’aimer...
Auquel notre grand prince, çn dépit de la mitre,
Est en train d’ajouter un si royal chapitre !
l’écolier.
Cédera-t-il... le roi ?
LE JONGLEUR
Non !
BOURGEOIS, s'approchant.
Ah!
LE JONGLEUR
J’en suis certain !
Il a le cœur outré de rage! A Saint-Quentin,
Il a fait enlever l’évêque à l'autel même !
Il brave l’interdit, méprise l’anathème,
Proscrit curés et clercs qui s’y sont conformés,
Par force, fait ouvrir tous les temples fermés,
Saisit les revenus des prélats réfractaires,
Je veux dire soumis... s’empare de leurs terres!
DEUXIÈME BOURGEOIS
Soit ! mais il est un point que je ne comprends pas ! l’écolier.
Il ne comprend jamais.
DEUXIÈME BOURGEOIS
Examinez le cas !
Les clercs veulent lui prendre une femme qu’il aime,
Il prend leurs revenus qu’ils chérissent de même !
C’est bien, je comprends! mais d’où vient qu’à ce propos Nous, malheureux bourgeois, il nous charge d’impôts...
El contre- le clergé d'où vient que sa colère S’exhale en surtaxant le pauvre populaire!
LE J ONU L E II R.
Mais cela va de soi ! C’est la loi de l’impôt !
L’impôt ressemble fort au chiendent ! dans un pot.
En plein champ, au soleil, au froid, à la rafale,
Il prospère partout... grandit partout... s’étale En toute climaturel... Un ennemi survient?
L’impôt monte! De nous la peste se souvient?...
L'impôt monte! L’on part un jour pour la croisade?... Impôt... on en revient? Impôt!... Le temps malade Fait tout sécher? Impôt! Fait tout moisir?... Impôts!... Guerre! inondation! grand trouble! grand repos! Impôts! impôts ! impôts ! Et le beau dans l’espèce,
C’est qu’une fois monté, jamais l’impôt ne baisse;
Le cessante causa perd ses droits en ce cas,
Et, la cause cessant, l’effet ne cesse pas !
C’est comme une comète à lumière constante...
Ou ce qu’on nomme nn arbre à feuille persistante ! Bourgeons l’été ! l’hiver! bourgeons du haut en bas! Les jeunes poussent , mais les vieux ne tombent pas ! Flot de sève incessante! éternelle verdure!...
Et cela dure ainsi depuis que l’État dure!
Nos ancêtres l’ont vu jadis, et nos enfants Le reverront, je gage, encor dans cinq cents ans !
, l’écolier.
Vivat! vivat! Régents! cédez lui votre place!
LE JONGLEUR
Au cœur de notre roi, voilà ce qui se passe!
y T n grand malheur l’atteint! Aussitôt il se dit ;