SCÈNE XIV
BtJRL, seul, éclatant de rire.
Oui , va voir si le testament est encore dans la caisse ! Va voir s'il est revenu s'y refourrer tout seul!.. Pauvre sot! qui s'imagine qu'on s'aventure ainsi sans avoir les pièces en main. Allons, voilà qui va bien!.. ( il s'assied. ) J'aurai donc des pères, un foyer , un état civil !.. J'attends mon oncle de pied ferme, et à mon aise. Où peut-on être mieux qu'au sein de sa famille? (Regardant les portraits.) Oh ! ces têtes !.. Ce sont mes aïeux ! Salut , Messieurs ! Me reconnaissez-vous, moi , votre fds, votre sang, votre dernier né?..
SCFNE XV.
BURL, MURRAY, TOM, puis GEORGE..
MURRAY , rentrant agité.
Holà ! quelqu'un!.. (A Tom , qui paraît.) Qu'on ferme les portes, de rhôtel , et qu'on aille chercher le constable !
(Tom sort par la porte de l'antichambre qu'il laisse ouverte.) BURL , à part.
Oh! ça se gâte !.. Faut-il filer?.. Allons donc ! de l'audace! la fortune est femme.
MURRAY, à Burl.
Monsieur , vous avez volé un testament dans ma caisse.
BURL.
Moi , Monsieur?
MURRAY , élevant la voix de plus en plus. Vous , ou votre complice George Davis.
GEORGE , paraissant à la porte entr'ouverte , à part. rai entendu prononcer mon nom , ce me semble... Burl ! BURL, à mi-voix.
Mon oncle... ou, plutôt. Monsieur, je ne sais ce que vous voulez dire avec vos caisses et vos complices... Je viens , mon cher parent, réclamer mes droits. Voulez-vous, oui ou non, me rendre ce qui m'appartient ?
- hU -
MURRAY, avec force.
Vous mentez, vous dis-je!.. Tenez, je n'en veux qu'une preuve.. (Se retournant vers les portraits.) Fils de Samuel Hospur, votre père est ici, parmi ces portraits de famille, reconnaissez-le... GEORGE) s'flançant et désignant du doigt le portrait de Samuel. Le voici !
MURRAY
Que vois-je?
UURL, en même temps.
George.
GEORGE
-Voici mon père!..
. BURL et MURRAY.
/Spn père!..
MURRAY, à part.
l j(^j^,- maintenant.
'f'Hiri ;lj 0' BURL, comme inspiré , à Murray.
Oui, j'ai un frère, il s'appelle George. (Bas, à George.) George„ part à deux!
MURRAY, à part.
S'entendent-ils ?
GEORGE , s'inclinant devant le portrait.
Oui , c'est là mon père... et sa vue me fait tressaillir de joie et de douleur... Pardonnez-moi, Monsieur, mon père est mort, et dans ce portrait, je crois le retrouver vivant... Je vous salue, mon père!
(Il s'incline. Burl en fait autant.) MURRAY, à part.
Cette exaltation n'est pas feinte! quel surcroît d'embarras! (Haut.) La ressemblance vous abuse, ce personnage ne s'appelait pas Davis.
GEORGE, vivement.
Il s'appelait Samuel Hospur, n'est-ce pas? oh! c'est bien lui, c'est mon père !.. Hospur est notre véritable nom de famille.
MURRAY
Dirait-il vrai ?
\ 15URL.
Oui, c'est notre véritable nom de famille.
''Ux:! ' ,. MURRAY,;, [jj.f , ;,,, __
«0 Et cet homme est donc votre frère?- 'i) '"'m (it. «signe RurXî)^.' *'** •'• ^ '''^ ''■- ' iJURL, lïas, à George/ J'ai dit part à deux.
GEORGE , à qui Burl fait de vains signes. Lui, Burl, le fils de Samuel? Ah! Monsieur, n'outragez pas mon père.
BURL i à- part.
Maladroit!., ou plutôt voudrait-il tout? attention! MURRAY, à part.
Ils ne s'entendaient pas.
GEORGE, à Burl.
Mais que réclamais-tu donc au nom de mon père ?
BURL.
Moi !.. demande à Monsieur ! (il indique Murray.)
MURRAY, à George, qui s'est tourné vers lui. Et vous-même , jeune homme , que voulez-vous , que venez-vous foire ici?
GEORGE, avec calme.
Moi, Monsieur! rien... je venais rapporter la clé que vous m*avez commandée , quand j'ai aperçu parmi ces tableaux le portrait de mon père... Je suis resté pour vous demander comment ce portrait se trouvait chez vous, dans votre maison... Je me suis entendu appeler, et je suis resté...
BURL, à part.
Ah! tu ignores tout, et tu me renies... Alors, part à moi seul '
MURRAY, à part.
Plus de doute, c'est là le véritable héritier!
GEORGE
Répondez-moi , de grâce ! pourquoi le portrait de mon père ? Pourquoi Burl ici? pourquoi votre étonnement et toutes vos questions?.. Parlez , Monsieur, parlez !
MURRAY, à part.
Le seul à craindre ; à craindre deux fois , et pour ma fortune ^ et pour ma fille...
GEORGE
Mais parlerez-vous , enfin ?