SCÈNE XIII
MURRAY, BURL, TOM.
MURRAY
, Oh! je la contraindrai : je sais employer la force comme la î^tise.
TOM , entrant par où il est sorti.
M. Burl.
(Il sort.) BURL , d'un ton sérieux.
C'est à M. Murray que j'ai l'honneur de parler?
^- MURRAY
Que voulez- vous ?
BURL.
Monsieur , je viens vous faire une petite demande.
MURRAY
Dispensez-vous-en , Monsieur , je la connais , et je refuse.
BURL.
Si vous refusez, c'est que vous ne la connaissez pas, car le refus est impossible.
MURRAY, à part.
Il ne lui manquait plus que d'être impertinent, (Haut.) Ne s'agit-il pas d'un mariage ?
BURL.
Nen , pas précisément.
MUBRÀY.
De quoi donc, s'il vous plaît?
BVRL.
D'un testament.
MURRAY
D'un testament ?.. J'ignore, en effet...
BURL.
Vous allez l'apprendre... M. Murray , je viens demander ma part d'un héritage que vous avez entre les mains.
..rji .nu ' MURRAY. .^^j
J'ai on héritage à vous, moi?
BURL.
Oui! Vous allez voir!
MURRAY
Mais , quel héritage ? Finissons !
BURL.
L'héritage d'Edouard Hospur.
MURRAY
D'Edouard Hospur!
BURL. : mmi}i -.a ..î'oV
Oui , d'Edouard Hospur, qui est mort aux Indes, et qui a laissé à ses parens sa fortune entière par un testament en bonne forme, daté de Calcutta , et dont voici copie.
(Il tire un papier de sa poche.) MURRAY, dans le plus grand trouble. , ^\i),, f.l Qu'entends-je ? V,4,{î>'i,ov
BURL. , '„)(j
En voulez-vous une lecture ?
(Il lit.)
« Testament d'Edouard Hospur, — Je soussigné Edouard Hospur , négociant à Calcutta, sain d'esprit, quoique malade de corps, lègue et donne, par l'effet de ma volonté, ma fortune de 150,000 livres à mes frères et sœurs, savoir : 1° John Hospur, dit Murray, banquier à Londres ; 2" Rosalinde Hospur , veuve Athol, demeurant aussi à Londres ; 3" Samuel Hospur , dont j'ignore le domicile et l'existence...
MURBAY , à part.
C'est cela!.. «fî .'«ii w»
BURL, continuait de lire.
» ... Je lègue ladite fortune à eux ou à leurs enfans, dans l'ordre des successions et sans primogéniture , voulant réparer
ainsi IMnjustice commise autrefois par le droit d'aînesse en ma faveur.» Est-ce clair?..
MURRA.Y , l'interrompant.
Bref, Monsieur, que voulez-vous avec ce testament?
BURL.
Parbleu ! la part de Samuel Hospur.
Samuel est mort , et sa part a dû vous revenir.
BURL.
Pardon !.. Vous n'avez donc pas entendu ce que j'ai eu l'iionneur de vous lire?.. (U relit la copie du testament.) « Je lègue ladite fortune à eux ou à leurs enfans... » Faut-il recommencer?
MLRRA.Y.
Samuel est mort sans enfans, vous dis-je, on ne sait où.
BURL , avec une sensibilité feinte.
Non pas , Monsieur! Vous faites tort à ma mère !
MURRAY
Ah ça, mais , qui êtes-vous donc?
BURL.
Vous ne trouvez pas quelque ressemblance?., (il montre son visage.) Rien ne vous parle là (Il montre le cœur.) en ma faveur? MURRAY, avec impatience.
Qui étesvous, endn?
liURL.
Je suis , s'il vous plaît , le fils légitime et héritier naturel de votre frère cadet, Samuel Hospur, votre neveu , enfin , Burl Hospur , pour vous servir.
MURRAY
vous!
BURL, se précipitant sur Murray.
Mon oncle , voulez- vous me permettre de vous embrasser?
MURRAY
De grâce, Monsieur !.. Mais, où sont vos preuves! Cela n'est pas un titre.
(Il indique la copie.) BURL, d'un ton larmoyant.
Cela n'est qu'une copie , en effet; mais j'en ai aussi l'original, (A part.) et en lieu de sûreté.
MURRAY
Vous avez l'original!.. Quoi ! vous...
BURL.
Oui, mou oncle.
MURRAY,.à part.
Quel soupçon!.. Allons nous assurer d'abord... (Haut.) Un moment, Monsieur , je suis à vous.
(11 sort précipitamment par où il est entré.)