SCÈNE II
MURRAY, seul.
Voici l'heure de mon rendez- vous... (il réOéchit.) Acquitté, malgré tous nos efforts ! dois-je poursuivre ou m'arrêter ? me débarrasser de l'ouvrier ou l'abandonner à son malheureux sort? (Orr entend des rires, des chants, des cliquelis de verre.) Ils chantent, ils rient, là-dedans. Ah! commettre le crime n'est rien ; le préméditer soir et matin , le porter sans cesse dans sa conscience jusqu'à ce qu'il soit accompli , voilà le fardeau ! Ainsi , un premier crime
en veut toujours un second mon projet est terrible.... mais
n'est -il pas nécessaire? n'est-ce pas le seul moyen d'assurer le bonheiu' de ma famille en lui conservant toute son ancienne fortune? le seul moyen d'assurer l'avenir de ma fille, en coupani
court à cette fatale passion qui s'accroît d'heure en heure, qui a poussé Jenny a tirer George de Tabîme où je l'avais jeté , à déclarer devant les juges que George n'avait pu me voler en mon absence , qu'il était resté avec elle , parce qu'elle l'avait retenu , parce qu'elle l'aimait, enfin. Oh! j'ai de trop fortes raisons pour ne pas achever ce que j'ai commencé... J'ai écrit à Burl de se trouver ce soir à la taverne. Il doit y être... il me tarde d'en finir !.. voyons ! (il se dirige vers la taverne et regarde par la fenêtre.) Il y est!., mais je vois aussi un de mes gens, n'entrons pas!., tâchons d'avertir Burl sans être aperçu. (Il frappe deux coups au carreau.) Il a entendu, il me voit, il se lève , le voilà.