‹ Les deux serruriers; drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 51 sur 89 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

MURRAY, BURL.

BURL , saluant.

Sir Murray ! exact au rendez-vous ! je vous attendais en compagnie d'un pot de porter...

C'est bien!., as-tu revu George?

BURL.

Non , depuis sa sortie de prison , il court après de l'ouvrage. J'ai su, par mes anciennes relations, qu'il avait déjà frappé à plusieurs portes , et qu'elles étaient restées closes à cause de votre accusation et malgré sonacquittement.

MURRAY

Il faut le retrouver.

BURL.

Ah!., et pourquoi?..

MURRAY

Parce qu'il est absous...

BURL.

Ce n'est pas ma faute.

MURRAY

Ni la mienne... j'ai bien payé ta langue , n'est-ce pas?..

BURL.

Ma langue a bien menti , aussi.

MURRAY

Je pairai mieux ton bras?

BURL.

Pourquoi faire ?

Pour faire ce que la justice n'a pas fait... pour en finir avec

BURL.

Là, là... comme vous y allez, Messieurs les honnêtes gens , c'est à faire à vous quand vous vous en mêlez. Il n'y a tels que les honnêtes gens échauffés î

MURRAY

Trêve de tes sornettes! s'ils l'ont absous, je l'ai condamné... moi!

BURL.

Oui dà !.. (A part.) Ma foi, je comptais encore naguère combien il fallait de bêtes pour faire un voleur, mais je ne sais pas ce qu'il faudrait de voleurs pour faire un banquier...

MURRAY

Écoute-moi donc , et prends bien garde à ce que je vais te dire. Je ne me suis pas fié à toi sans garantie. Je sais tout. Lady Athol a parlé ; elle a raconté comment elle l'avait trouvé à l'hôtei pour la première fois. Tu avais commis le vol dont George fut accusé ; ta avais dérobé le portefeuille dans la caisse , j'en suis sûr. D'ailleurs j'ai les preuves en main de vingt autres crimes dont tu es l'auteur. Oui , après avoir livré George à ta place, après l'avoir sauvé pour te faire mon instrument contre lui , j'ai voulu te bien connaître , j'ai épié les démarches , tes actions , je me suis informé de ta vie; et maintenant je la sais à fond , par cœur; je sais enfin que tu es un voleur de profession.

BURL.

Oh ! oh ! Je pourrais m'éclaircir à vos yeux... mais je ne m'aj)aisserai pas à me justifier...

MURRAY

Je te tiens pieds et poings liés, te dis-je, et d'un mot je peux l'envoyer pendre.

BURL.

Oui... mais ce mot, vous ne le direz pas... nous avons trop besoin l'un de l'autre pour nous trahir...

MURRAY

A la bonne heure !

BURL.

Enti e braves gens on finit toujours par s'entendre.

MURRAY

Tu consens donc à finir ce que nous avons commencé.

KURL.

Il le faut bien... hélas! puisque vous le voulez.

MURRAY

Quand?

BURL.

Le plutôt possible... ce soir si je peux.

jrURUAY.

Dès que ce sera fait, à quelque heure que ce soit, viens me le dire ! deux coups frappés à ma porte m'avertiront que tu m'attends, et je viendrai te remettre en écliange de l'iiéritier et du testament, le double de ce que je t'ai déjà payé pour ta déposition, entendstu , toute une fortune dont tu iras jouir hors d'Angleterre.

BURL.

Convenu!., je prendrai l'air, je voyagerai pour votre santé.

Agis donc, hâte-toi... j'attends. (il son.)

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