‹ Les deux serruriers; drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 53 sur 89 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

GEORGE , seul, entrant d'un autre côté, pâle, exténué, les vêtemens en désordre.

GEORGE , les yeux fixés sur la maison de Jenny. Jenny !.. Jenny!.. ne te vtrrais-je plus? Depuis le jour oiî tu es venue m'arracher à la justice humaine , je ne t'ai point aperçue... n'as-tu donc voulu que me rendre servfce pour service , ma liberté pour ta vie ? est-ce la reconnaissance ou l'amour qui t'a donné le <:ourage de me défendre? Chère Jenny, tout plaidait contre moi!

Taccusation de ton père, le témoignage de Burl , jusqu'à mon habileté , mais ta as parlé, et ta voix d'ange a donné tort aux démons!., hélas !.. c'était de la compassion; ce n'était pas de l'amour, puisque je ne te retrouve plus hors de la prison. Depuis que je suis libre , je viens ici tous les soirs chercher seulement un de tes regards, et tous les soirs je viens en vain... Cette maison est muette et sombre comme la tombe... pas une lumière, pas un bruit!., pleine pour moi de mystère et de terreur. O Jenny ! Jenny ! pendant que je t'appelle et que je souffre, n'entends-tu pas un cri? ne sens-tu pas mon mal ? ne vois-tu pas que je suis là seul et désolé sous ta fenêtre , que tout le monde me repousse, que l'accusation a laissé un signe de réprobation sur ma tète , que le travail même m'est interdit, que je mourrai de faim comme l'enfant de mon frère, innocente créature que j'avais promis de nourrir, et dont il me sera demandé compte !.. ah ! ma propre mort sera mon excuse. Mais je ne veux pas mourir sans te voir, Jenny, sans savoir si tu as eu amour ou pitié de moi , si tu es à pleurer seule dans ta chambre ou |i m'oublier dans une fête , pendant que j'expire dans la rue de peine et de faim!., oui... de faim!..

(Il se laisse aller sur un banc près de la porte de la taverne.)

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