SCÈNE V
MUHRAY, GKORGE.
MCRRAY.
Poavea-vous ouîrir celte caisse ?
GEORGR , eumluant U calss«.
Oui , Monsieur.
MURRAT.
Vous en êtes sûr?
GEORGE
Oui » car Je l'ai fabriquée. J'en connais le se* cret
MURRAY , à part.
Je sois sauvé ! (Banu) Hâiez*vous donc . car U faut que Je porte à la Banque 50,000 livres à quatre heures, et il est trois heures... et demie!.. Bon Dieu! ce n'est pas possible , cette pendule avance!..
GEORGE
Vous les porterez. Monsieur.
(Il M met a la serrure et ouvre la caisse, qui laisse voir des masses d'or et de billets. )
MURRAY , pendant que George ouvre la caisse.
Ah! Messieurs les envieux, vous vous seriez bien réjouis de me trouver en défaut!
GEORGE, ayant ouvert.
Voilà !
MURRAY, hors de lui , voyant la caisse ouverte.
Ah ! vous ne savez pas ce que vous venez de faire là. Jeune homme? Vous venez de sauver le banquier Murray.
(U va prendre des papiers sur une table.)
GEORGE, étourdi.
Le banquier, Murray, dites-vous? J’ai sauvé le banquier Murray? Moi ! moi!.. Ah ! vous avez eu raison de le dire : je ne savais pas ce que Je faisais !
MURRAY , feuilletant ces papiers.
Combien vous dois-je?
GEORGE, à part.
Oh ! qu'il répare du moins un peu du mal qu'il a causé! Il paiera la sépuiturc du vieillard
u’il a tué , la nourriture de l'enfant qu’il a ren-
u orphelin.
MURRAY
Combien ? Répondez 1
GEORGE , haut.
Vous êtes le banquier Murray... Vous me devez cent guinées.
MURRAY
Cent gninées!..
GEORGE
Cent guinées...
MURRAY
Vous êtes fou , Jeune homme I C'est cent fois trop!
Vous me paierez cent guinées, vous dis-je !
MURRAY
En voici une... et c'est bien assez.
(Il fsdt un pas vers U caisse.)
GEOMK, le prévenant
Vous trouvez?.. Hé bien! donc, n'en parlons pins...
(A ces roots, Il referme violemment 1a porte de la
caisse ; le verrou rentre brtiyatnment dans la gat-
ne; l'or et les billets disparaissent aux yeux du
banquier stupéfié. )
MURRAY
O Ciel ! qn'aTez-vous fait ? La demie passée !.. C'est un guet-apens !.. Allons! soit! cenllivres; mais , rouvrez , rouvrez vite !
GEORGE
Non ! je ne veux plus.
( Il se croise les deux bru. )
MURRAY
Que demandez-vous donc encore?.. Vous faut-il davantage?.. Parlez!.. Deux cents, trois cents livres... tout ce que vous voudrez !«• GEORGE, a part.
O mon père ! à défaut de sépulture , tu auras la vengeance !.. (Haut.) Banquier Murray, pour tout l'or qui est dans cette caisse, je ne l'ouviirais pas.
MURRAY
Mais, malheureux , pourquoi ? qim vous iri^e fait?
GEORGE
Vons avez ruiné mon père !
MURRAY
Vous VOUS trompez , Je ne vons connais pas.
GEORGE
Je m'appelle George Davis, entendez-vous?
MURRAY
Davis, vous dites?
GEORGE
11 ne se souvient pas même de ses victimes ! .. C'est juste, dans le nombre!..
MURRAY, SC souvenant
Ahl Samuel Davis... Je réparerai tout, Monsieur... Mais l’heure ! l'heure ! grand Dieu ! Voulez-vous mille livres ?.. Que voulez-vous?..
GEOROB.
Pouvez- VOUS me rendre mon père?
MURRAY , reculant.
Mon Dieu! mon Dieu ! j’en mourrai...
GEORGE, avançant.
Il est mort, toi!..
MURRAY
Cen est donc fait ! deshonoré, ruiné!
(Il lomlH! dans un fauteuil.)
GEORGE
Ab ! vous frappez le pauvre sans pitié ni merci, vous l’accablez de tout le poids de votre or comme un être inutile et impuissant, sans songer à l’heure de la revanche, imprudent, sans songer que le lion a besoin des pltis faibles dents pour ronger ses mailles, sans songer que le ver le plus humble peut se redresser assez pour mordre au talon le géant qui l’écrase. Déshonoré ! ruiné! Merci!., mon Dieu! Vous souflHrez donc aits^i ce que nous avons souffert ! Chacuu son tour !