ACTE II. SCK.>E XI
désert de ma vie. cnvuic-müi... un corsaire, un Cliild-Karold, un ravissant bandit.. . tout c« qu’il te plaira!.. Mais que je puisse, du moins, être sauvée ou perdue !
(Elle sort par une autre porte que Jenny.)
SCKNK X.
BlIRL, sortant d’nn placard.
Vieille folle , va! (Begardant tout autour tie la chambre avec précaution.) Seul, enGn! on ne peut pas plus seul ! Les uns sont en affaire à la llanqiie , les autr es à leur toilette, la ^>rande affaire des femmes. Je ne serai pas dérangé... Ne précipitons donr rien et prenons bien notre temps ! Respirons d'abord !.. Ouf! J'étouffais dans ce placard depuis deux heures , plié en quati-e comme un paquet de linge propre. Bon Dieu !
ne de peine on a et que de qualités il faut avoir ans notre métier. Etudier à fond la maison comme un architecte , les babitans comme un portier ; connaître les caractères comme un philosophe, les portes et fenêtres comme un receveur; ne rien ignorer, pour tirer parti de tout à l'occasion ; réunir à la fois le génie de l'homme et les facultés de l'animal ; oui , passer par un trou de fenêtre comme un rat; grimper comme un chat sur les toits ; glisser comme un serpent aux murs d'une cheminée ; se tenir là , sur ses jambes , patient cl sobre comme un héron , dans l'espace d'un pied carré. On ne se doute pas combien il faut de bêtes pour faire un voleur d'esprit... et tout cela souvent... pour être pendu!.. Vraiment , ça n’est pas payé. Enfin , c'est égal , corde à part , le métier est bon , si peu que le Hasard s’en mêle... cl, ma foi, il s'en est mêlé aujourd’hui. Comme c'est heureux tout de même que i'ami George ait refusé ! Diable ! je faisais un fier gâchis en l'amenant voler ici... Ah ! l'honnête homme !.. Je comprends ta vertu, maintenant Ton coup vaut le mien , mon gaillard. Plus que ça d'ambition! Excusez! Tu faisais la demoiselle pendant que je faisais la cassette. A lui l'amour ! à moi l'argent ! Oh Ile cœur me bat, à mon tour! Quelle émotion ! Je vaU me trouver mal ! C’est du plaisir et de la terreur à la fois. O caisse chérie, pleine de billets doux! O bonheur de te revoir ! Et ces deux amans qui n'en finissaient pas. comme s’il n'y en avait de passion que pour eux. Mais, c'est du délire , de l’amour aussi que je ressens pour toi , 0 ma belle maîtresse! cher trésor de mon âme !... Oh ! la coquette, comme elle m’agace!.. Voyez!., c'est plus fort que moi , je ne puis me retenir ; elle m’attire malgré ma volonti!. Je vais . je v ais à elle comme le fer à l'aimain. (Il marche a la caisse comme malgré lui.) T. niché ! .Ah! (Il est lialclanl.) N'ai-je pas entendu du bruit ?.. Le mari , peutêtre... (Il écoule. ) Non... Oh ! j'eii suis encore tout bouleversé. Ce serait si dur de te quitter,
0 ma fiancée , sans savoir tout ce qu’il y a dans ton àme... Par bonheur, j'en ai la clé. Mon bon Hasard l'a fait tomber dans mes mains, celle clé que ton jaloux croit tninirée dans l'eau. (Il met la clé dans la serrure.) Voyons, ma belle, il faut céder!.. Diable!., c’est pins difficile quejepen-u
sais... Hé bien!., des iaçous?.. Par bunheur. ciicore.moii cher |velil Hasard m'a envoyé Oem ge, qui m'aidera à son insu, sans que je Icconiproiuelle, sans qu’il partage, j'aime uiii-ux ça. Presser celte broche, tirer ce ressort, a t-il dit, pousser celle vis... J'y suis, (ii ouvre ta caisse et y volt de rargeni.) Oh ! quels appas !.. Celle fols, j'entends du bruit... C'est la voilure du uiaiire !.. c'est le Bartholo !.. Hasard mon ami , nous nous fffeherons!.. Allous! dépêchons-nous, ne nous amusons pas aux bagatelles de la porte , vile! au cœur de la belle! (Il met la main sur un portefeuille.) Je le liens! Voilà son ceeur, le magot, le sac aux billets, la poule aux oeufs d'ur... Enlevé ! (11 met le portefeuille dans sa poche cl rcrerme la caisse arec bruit.) Sortons vite, mahiteimnl,.. Adieu, mon trésor!.. Au revoir! (Il envoie un baiser a la cassette.) Peste!,. On inarchc dans la cour... la voix du banquier... il se dirige vers ses bureaux... Hâtons-nous! Partons!