‹ Les deux serruriers, drame en cinq actesChapitre 38 sur 77 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

JENNY , debout derrière sa lantet ROSAMNDE,

assise et faisant semblant de lire; MURRAY.

ainniiAY , regardant l'adresse de la lettre, a part.

Une lettre de lord Barest , quami je l'attendais lui-métne, ce matin, pour en finir... qu'est-il donc arriTé? voyons! (lldècachètelalettreet Ut.) «Mon cher Monsieur, eicnscz-moi , de n’étre pas venu ce matin au rendez-vous que j'avais pris pour conclure la plus importante affaire de ma vie. Mais aux termes où nous en sommes ii faut de la franchise. Or il m'est impossible de rien achever avant d'avoir eu une explication avec vous : et il est de ces choses qu’on ne peut dire entièrement que par écrit. Je consens toujours , et de grand cœur , à l'honneur que vous vonlei bien me faire d’une alliance entre nous; mais i U condition pourtant, à la condition expresse que vous mettrez un terme au scandale qui régne dans votre maison. nQu'est-ce que cela signifie ?.. que se passe-t-il ici ?.. je n'ose continuer...

JENNY, a part, avec douleur.

Oh! c’est bien sûr , la demande de ma main, ROSALINDE, a pan, avec Joie.

C’est de mon mariage qu'il s’agit!.. Mon mariage!.. ce mot m’oppresse!..

IIUBRAY.

Achevons ! (Reprenant.) >> Ce scandale , vous l’ignoi ez sans doute, je vais vous l’apprendre. Hier, j’ai entendu certain propos qui commence h circuler dans le monde. On dit que votre sœur, lady Rmalinde Atbol , entretient une intrigue amoureuse de bas étage , indigne d’elle, de son rang et de sa position.

ao8Ai.tNUE, a part.

Émilio cliariucra mon frère, comme il m’a charmée.

RoSAM.NOE, a part, avec anxiété.

gtic va-t-il répondre?

SltlRRAY, a part.

Ces affronis-là n’arrivent qu’à moi... Oh ! mais aussi c’est épottvanlable, une tante presque une mère, là, sous les yeux même de sa nièce. (Rejetant son regard sur la lettre.) Il n’v a pas à en douter, dll-il , il n’y a rien à répliquer alors ! il a raison, scs scrupules sont justes. Oh! je ferai cesser cette inilignilé aujourd’hui même.

JENNY, à pan.

S’il sedécide : que je serai malheureusé !

nOSAI.INDE.apart.

S’il consent ! o bonheur!

McnRAY , & part.

Oui , mais comment faire ? elle est riche indépendante , obstinée ; comment l’amener à rompre cette inqualifiable liaison?.. Oh! cependant , je ne renoncerai pas à celte union de ma fille avec un pair d’Angleterre, à cette grande alliance de la fortune et lie la noblesse... cl cela, pour une folle qui vient se jeter à la traversé dans mes projets de bonheur. Oui, lord Barest a cent fois niisoii, le deshonneur d’un membre de la famille est une tache générale qu’il faut effacer pourtousle plus tùt possible. J’en connaisie moyen, je crois... c’est la vanité même, l’orgueil de ma sœur, qui me le fournissent... ce moyen réusira. (S’adressant a Rosallnde.) Ma sœur!

noSALiHOE , émue , i part.

Ah! (Haut.) Que voulez-vous, monfl’ère?

JENNY

Que demandez-vous, mon père?

MURRAY

Je veux parler un instant à Milady seule...

Laisse-nons, Jenny.

jÉn.ny, a part.

C’est sans doute pour la consulter sur mou mariage! (Hauu) Je me relire mon père. (Bas a Rosallnde. ) Défendez-moi , ma tante!(A part.) J’écouterai, (Elle sort par où elle est entrée.)

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