‹ Les deux serruriers, drame en cinq actesChapitre 39 sur 77 · MURRAY, ROSALINDE · texte numérisé non relu

MURRAY, ROSALINDE

nosALLNüE, embarrassée*

Est-ce tic notre rbère enfant que vous voulez me parler?

JENNY, a part.

Si lord Barest pouvait l’indisposer!

MrnRAY, continuant.

. A la veille d’enu-er dans voue famille , j’ai dff nalurellcmeiil remonter à la source du bruit pour le démentir, ou le faire cesser. Je me suis donc enquis soigneusetneiil de la vérité, et j'ai découvert, à n'en plus douter, qu’en effet l’amant de lady Atbol, qui s'est donné pour un étranger exilé , afin de la séduire , n’est qu’un ouvrier anglais , un serrurier, nommé Burl. J’en ai la preuve irrécusable... Vous comprenez maintenant tous mes scrupules, et vous conviendrez vous-méme qti’il faut que cette liaison soit rompue avant que vou-e fille ilcvieiinc lady Barest.

«J’ai l’bonticur d'étre, etc.

• Lord Barest. • JENNY , à part , avec iiiqoiéiudc.

11 a fini... que Vii-t il dire?

MURRAY

Non ma sœur , c’est de vous.

ROSALINDE, avec Joie.

De moi !.. (A part.) J’en él,xis sûre.

MURRAY

Ha sœur, écoutez-moi!

ROSALiNUE, à pan.

Quel ton solennel! (nam.) Je suis attentive, mon frère.

MUIUIAY.

Ma sœur, vous êtes libre de vos actions; vous êtes dans un âge cl dans une position à ne dépendre de personne, cl à être seule responsable de votre conduilc. Je ne veux donc ici ni vous Idamcr, ni vous geuer ilans vos adcclioiis , et vous pouvez épouser H. Burl si vous rimiez.

ROS.XI INDE , avec la phi.s gramic .surprise.

.M. Burl, dites vous? qii’esi-rc rme c’est que cM.Burl’.'

IS

LES DEUX SEHRURIEnS.

Ul'HnAV. "I

le sais (oui, point de détours... Biirl est rhomme que vous aimez.

liOSAI.IXDE.

Ah ! par exemple ! je ii'ai jamais aimé de Baril. . t!n Aiijlais! fi!.. Je n'ai jamais aimé d'Anslais. Mon mari l'était. Et. puisqu'il faut tout dire... rhomme que j’.dme est £spa;;nol.

Mi'anAY.

ün Espasnol de la Tamise , tous dis-je. Votre amant, Aladame, vous a trompée pour vous séduire ; il s'appelle Biirl , et il est serrurier. nnsAi.iNoe.

Serrurier ! quelle horreur !

MAnnsr.

lisez. ( Il lui donne 1a lettre de lord BartsU A part.) Elle est humiliée... je la tiens!

ROstLI.xoE , avant lu.

O désillusion ! 6 honte !.. Mais , c'est impossible... c'est une ruse pour m'empêcher de l'épouser.

Ait'nuAï.

Vous empêcher de l'épouser !.. Que vous me Jiicei mal! Vous- empêcher de l'êpotiscr, moi!.. Dieu m'en garde, qiiaiid il n’y a plus que ce niovi n de tout réparer. Oui, ma mi'iii , je viens, au contraire, proposer le grand remèile au grand mal : il s’agit de sauver voire honneur. Je ne vous empêche |i.is d'aimer M. Burl, s'il vous plait ; je désire seulement que ce soit d'un amour légitime. Je n'ai pas le droit de m'opposer à votre bonheur, mais à votre honte. Je TOUS engage ilonc. et lord Itaresl n'en saurait exiger davantage , à régulariser par le mariage votre situation éc|tiivoiiue. Après tout , un ouvrier est un mari comme un autre. Il n'y a plus aujourd'hui . entre les liomnies, d'autre nolilesse que la probité, d'autre distinction que l'intelligence, d'autres litres que l'amour qu'ils ont inspiré. Vous ninnaissezmainlenaiit messenlimens et mes principes. Vous savez , de plus, que j'ai gagné ma rortune à la sueur de mon front ; que fêlais pauvre aussi , quand je vous pris toute jeune, déshéritée comme moi. Si je suis reilevenu riche, c'est par mon travail , par mon industrie. Je ne serai donc jamais hostile à ceux qui ont besoin de faire fortune et vivent aussi du travail de leurs mains.

nosALl.VDE , avec exattatioo.

Ai-je bien entendu ?.. Pour qui me prenezvous donc , de me faire de telles propositions ?.. F.|iouser nn ouvrier !.. Moi !.. Votre naïveté n'a d'égal que sa fourberie... O lord Byron ! Mais j'aimerais mieux renoncer à tous les hommes de la terre que d'en épouser nndc celte espècc-là ! 11 ferait beau voir lady Atbol devenir M** Burl ! M. Burl est un drfdc , et vous êtes un fou !

HCRIIAY, a paru

Portons le dernier coup. (Haut.) Pensez-y bien , ma soeur ! Vous n’aviez qu’un petit pécule , vous-même , quand je vous ai prise avec moi. Vous n’etes ilevenue riche que par votre mariage avec lord Athol. A votre tour, vous enrichirez par un mariage cet honnête Al. Burl. Pourquoi pas? Il est vrai (jnc vous n’irez plus dans le grand monde, qui serait quelque peu scandalisé de cette mésalliance. Mais, qu'importe? Vous aurez ce qui est préférable à toutes

les vanités de la soriélé : le buiibeui'du foyer domesli pie , les joies d'une passion satisfaite et d'i.n devoir rempli... Un ouvrier qu'on aime vaut mieux qu'un lord qu'on n'aime pasnos vus nE, outrée.

Mon frère !.. mon frère!., ne me parlez P'nS de ee faquin, ne m'en parlez pins! Vous m'exaspérez, vous me faites mourir. Oh! je ne le rcveriai de ma vie , le misérahie!.. Moi! M"* Buii!.. Etre appelée Burl !.. Ah! je vous quitte pour aller me trouver mal.

(Elle sort par où elle est entrée.)

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