‹ Les deux serruriers, drame en cinq actesChapitre 40 sur 77 · MURR.AÏ, JENNY · texte numérisé non relu

MURR.AÏ, JENNY

JENNY, se présentant a Murray.

Mc voilà, mon pèio.

AiunnAY.

Qu’as-lu à me dire?

JENNY , avec Joie.

Je viens maintenant, en toute confiance, voua ouvrir le secret de mon cœur,

Mi'nnAT.

Quel secret, mon enfant?

JENNY

J'étais là , mon père , et j’ai tout entcodn... xiuniuv , éinimé.

Ma convcrsatiuii avec ta tante ?..

JENNV.

Oni , mon père , j’ai tout entendu : Un onvrier qu'on aime vaut mieux qu'un lord qn’on n'aiinc pas... Ce sont là vos paroles, et ces paroles m'encouragent à vous dire ; Mon père , j'aime un ouvrier.

UORRAT, étourdi.

Un ouvrier!

JENNY

Oui, mon père.

xinnnAY.

Est-il possible? Mon Dieu, qn’al-je fait?

JENNY, vlvemenl.

SI vnus saviez comme je suis heureuse de eonnaitr'e vos sentiinens. d’apprendre que vous ne méprisez pas le pai.vre, que vnus eslimn ceux qui travaillent ; comme je m'applaudissais, là , de vous cnteiidre plaider la cause du peuple, mettre les vanités du monde au-dessus des vrais biens du cteiir !.. Oh ! je n'ai pn contenir plus long-temps ma joie et mes espérances , ma reconnaissance même , car il me semble que vous priiez pour mol... Oui, mon père... ce jeune nomme qui m'a sauvé la vie , qui vous a sauvé l'honneur.,. M. George Davis,,,

UUBRAT.

> Assez I assez I.i

ACTK fil , SCÈNE XIII.

. 3E.SNT.

VoM m’elTrajei, mon père! yu'iivei-you«?

HcnnAY.

Jenny, mon enfant, écoute-moi, tu t'cs trompée...

JE^NY

Comment?

MOHUIY.

Tu n’as pas compris le sens de mes paroles.

JEN-YV.

O mon Dieu !

iiunnAï.

Ce que j'ai dit à ta tante n'étail quc'rusc et raillerie, pour bi i.ser un amour indigne.

JKSNÏ.

O mon père, qu’avez- vous fait?

MCRHAY.

Faut-il que tu le sois laissé prendre à ces I paroles, toi. ma lille! Jamais, jamais tu ne | seras la femme d'un ouvrier! Ûucl qu'il soit, ' oublie-lc... <à l'inslanl, je le veut ! J'aimerais j mieuY la mort pour toi qu'une telle infaïuic. i Mais, quel malheur! mon Dieu!.. C'est une !

fatalité... la rase a tourné contre moi , et je suis ' tombé dans mon piéue ! !

jr.YNY , asec désespoir. i

Qu’avez-Toiis fait, mon père?... Sans le vou- j loir, vous avez joué avec le cieiir de votre en- ' font , et vous l'avez lirisé ! '

Ml'HIUY , d'un air atTectueus. '

Allons, c’est un enfantillage , n'est-ce pas? j Dis-moi que tu n’y penseras pbis.

JENSY. !

C’est un amour fondé sur l’estime, la ri-con- | naissance, et qui ne finira qu'avec ma vie. i

Ml'iiR.VY, à part.

El mes projets!.. Oh! il faut trancher dans | le vif de celte passion !.. (Haut.) Jenny , un dernier mol. Dn homme île la plus haute noblesse du royaume , lard Uarcs' , pair d'Anglelei re , | vous a demandée pour femmi'... Aujourd’hui même vous épouserez lord Darest !

JE.YNY. I

lavrd Barest !

«cnaAY. I

Oui , ma fille. I

JE.YtlY. j

Mon père, vons voulez donc le malheur de , votre enfant? I

Munniv. ^

Je veuv qn'on m'obéisse... Je veuv qu'une file soumise s’en rapporte à son père sur le soin de son bonheur... Je veu t que la grandeur du lord chasse de votre ctcur l'ignoble image de l’ouvrier...

JESIIV.

Ah ! son humilité me le rend encore pins cher. L'ignoble image de l’ouvrier!.. Quoi donc de lus noble que (je ne rien devoir h la naissance ni

la fortune, que d'e.vister par son seul travail que, d'étre sa richesse, sa ressource, son praire auteur!.,

uunn.tY.

Abl..

JEY.VY , avec dignité.

Pardonnez-moi, mon père, de ne pouvoir TOUS obéir; je ne trouve au fond de mon cœur

•••aime vaut mieux qu’un lord qu’on n'aime pas.

I (Elle s'incline et sort.)

n~T^T^TtTîti‘TmrnniM M n wwtmmnjmxj4u,ijiax,

I SCÈNE xnr.

j MimnAY. puis TOM, Bimf,.

! uunRAY.

Oh ! je la contraindrai : je sais employer 11 I force comme la ruse.

TOU , emrtui par ofa U est toril.

M. Burl.

(II sort.)

BVHL , d'un ton sérions.

C’est à M. Murray que j’ai l'honneur de parler?

uunnAY.

Que voulez-vous ?

BUnL.

Alnnsieur, je viens vous faire une petite demande.

MURRAY

Dispensèz-vous-en , Honsienr , Je la connais et je , 1 efusc.

IIUHI..

Si vous refusez, c'est que vons ne la connaissez pas, carie refus est impossible, MURRAY, a part.

Il no lui manquait plus que d'étre impertinent (naui.) .Ne s'agii-il pas d'un mariage?

UURL.

Non , pas précisément.

MURRAY

De quoi donc, s'il vous plaît?

nuni,.

D'un testament.

MtRaAY.

D’un testament?.. J'ignore, en effet...

niât.

Vous allez l'apprendre... H. Alurray.Je viens deiiiaiiiler ma part d'un héritage que vous aTts entre les mains,

MURRAY

J'ai un héritage h vous, moi?

BURL.

Oui! Vous allez voir!

MunuAY.

Mais, quel héritage? Finissons!

IIURL.

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