‹ Les deux soeurs; drame en quatre actesChapitre 52 sur 92 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LE DUC DE BEADLIED

Ce moyen ne sauverait rien. Fuir, ce serait avouer, et avouer, ce serait, Vilentine, vous livrer sans défense aux emportements qui vous eflrayent. C’est impossible, ce serait de la lâcheté.

VALE XTIÎIE.

Cher Armand, cette noble réponse me fait vous aimer encore plus. Alors, partons tous les deux... Vichy est heureusement sur le chemin de fer qui conduit en Suisse.

LE DOC DE BEADLIED

Ce serait de l’égoïsme.

fALEHTlUE.

De l’égoïsme ?

LEDOCDEBEAOLIEO.

Oui, car ce serait accepter le sacrifice de votre vie tout entière.

VALENTIXE.

SI je suis heureuse de vous le faire?

LE OOC DE BEADLIED.

Ce serait de la démence.

VALEXTIXB.

De a démence 7

LES DEUX SÜEÜRS.

' LF, DUC DE BEAULIF.U.

Certainement ; car, s’il est faciie de partir, ii serait impossibie de revenir. Et i'hiver, grand Dieul que ferions-nous en Suisse?

VALEKTINE.

li y a i'Itaiiel ii y a le lac de Oôme I U y a Florence ! Vous donnerez votre démission, vous quitterez votre carrière... Alors, vous aussi, vous ne dépendrez plus de personne. Nous existerons l’un pour l’autre... Mais, Armand, qu’avez-vous? Plus je m’anime à la pensée de vivre ensemble, toujours, sans nous séparer jamais, moins vous paraissez vous y associer. Je suis de feu... vous êtes de glace.

LE DUC DE BEAULIEU

11 y a des responsabilités qu’un homme d’honneur ne saurait prendre.

VALENTINE

Lesquelles?

LE DUC DE BEAULIEU

Celle d'enlever une femme à son mari et une mère à ses enfants.

v ALEXTINE.

Armand, est-ce bien vous maintenant qui me parlez ainsi? Est-ce bien vous que j'entends ?

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